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« Boy in the Pool », l’acceptation de l’échec

Comme “Fragment”, “Boy in the Pool” a été présenté dans la section Paysage du FFCP 2025.
Pour un premier long-métrage, la réalisatrice Ryu Yeon-su signe un début prometteur.

Seok-young, 13 ans, passionnée de natation, emménage avec sa mère et sa sœur, laissant sa vie derrière elle. Dans cette petite ville côtière, elle passe ses journées à la piscine où elle rencontre Woo-ju, un garçon mystérieux et réticent à nager malgré ses talents naturels. Après lui avoir sauvé la vie d’une noyade, il se lie progressivement d’amitié avec la nageuse. Mais leur relation se complexifie par l’ambition de réussir.

Un film d’atmosphère 

Le film suit ces personnages, d’abord enfants puis jeunes adultes, avec un rythme contemplatif. D’une grande douceur visuelle, il se distingue par une mise en scène au regard photographique sensible. La bande sonore, dominée par le piano, enveloppe le récit d’une atmosphère mélancolique et poétique. 

L’eau, qu’elle soit celle de la mer, de la piscine ou d’un aquarium, est filmée avec une telle délicatesse qu’elle nous plonge au cœur de l’univers des protagonistes. Les teintes bleutées, omniprésentes, soulignent à la fois la dimension aquatique du film et instaurent un sentiment de sérénité. 

On se laisse d’abord flotter dans ces images apaisantes, avant d’être totalement immergé dans le destin des personnages.

Le film nous rappelle avec délicatesse que les obstacles de la société, qu’il s’agisse du genre, d’une différence physique ou d’un sentiment d’infériorité, ne devraient jamais définir qui nous sommes. 

La suite contient des spoilers.

Complicité et ambitions : le prix de la réussite

Après avoir été reconnue pour ses performances de nageuse avant son départ, Seok-young est sûre d’elle et habituée à atteindre ses objectifs. Mais elle reçoit un premier choc en découvrant que Woo-ju, l’enfant mystérieux de la piscine, nage bien mieux qu’elle alors même qu’il n’a aucune envie de nager ni d’en faire son rêve.

Peu à peu, une complicité naît entre eux, et ce lien inattendu transforme sa perception de la performance. Seok-young commence à projeter ses ambitions sur Woo-ju, convaincue qu’il est “né pour être nageur”.

Recruté par un coach, Woo-ju part poursuivre ce nouveau rêve à la capitale tandis que Seok-young est contrainte de rester dans leur village balnéaire. 

Seule, privée de son ami et ayant mis de côté son rêve de nageuse, Seok-young se tourne vers le piano. Elle se heurte une nouvelle fois à la frustration de l’échec, confrontée à l’excellence de son entourage et son absence de talent.

Lorsqu’ils se retrouvent plus tard, tous deux sont plongés dans une quête d’excellence et de reconnaissance, chacun cherchant un but dans la vie. Le regard des autres, notamment celui du camarade de classe de Seok-young qui admire Woo-ju, appuie sur le fait que la performance peut devenir un moteur, mais aussi un piège.

Le film explore tout au long de l’histoire la quête de réussite, mais c’est à ce moment-là que l’on voit Seok-young prendre pleinement conscience des conséquences de ses projections sur Woo-ju et de ses propres attentes. On réalise alors que la véritable réussite réside peut-être moins dans la victoire ou la reconnaissance que dans la capacité à se connaître, à accepter ses limites et à apprécier ce que l’on a accompli

Lee Min-jae dans le rôle de Woo-ju

Découvert par beaucoup dans la saison 2 de Weak Hero Class en tant que Go Hyun-tak, Lee Min‑jae se révèle ici dans un tout autre rôle, plus doux, plus poétique. 

Dans le rôle de Woo‑ju, jeune adulte délicat et incertain, il rend sensibles les tensions entre ambition et émotions, entre désir de reconnaissance et fragilité personnelle. Sa manière subtile de jouer rend le personnage profondément humain et attachant.

Le casting fonctionne particulièrement bien parce qu’il est encore un « nouveau visage » pour le public, ce qui laisse découvrir Woo‑ju sans préjugés et rend son parcours, entre quête de reconnaissance et vulnérabilité, profondément touchant.

Pour ma part, « Boy in the Pool » m’a permis de redécouvrir l’acteur sous un autre jour. Même en connaissant ses rôles précédents, j’ai été agréablement surprise par la profondeur et l’humanité qu’il apporte à Woo‑ju.

Un très beau film, doux, touchant, mais aussi poignant que je recommande vivement !

Crédits photo : FFCP

Angèle

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