IDOL I : Un drama en demi-teinte

Diffusé du 22 Décembre 2025 au 27 Janvier 2026, Idol I (아이돌아이) ou Le Miroir Aux Idoles en français, est un drama coréen composé de 12 épisodes d’une heure. Disponible sur Netflix, cette série mêle à la fois romance, enquête et kpop. Côté acteurs, nous retrouvons Kim Jae-young ainsi que Sooyoung du groupe Girls Generation en rôles principaux. Ainsi, l’équipe de Kpop in Paris a visionné Idol I et voici notre avis !

Résumé de Idol I

Maeng Se-na est une avocate sérieuse entièrement dévouée à son métier. En parallèle de sa vie professionnelle chargée, Se-na est une immense fan du groupe de Kpop Goldboyz, et notamment du membre Do Ra-ik qu’elle admire depuis ses pré-débuts. Mais lorsque ce dernier se retrouve accusé du meutre d’un autre membre de Goldboyz, plus personne ne veut avoir affaire avec lui. Seule Se-na accepte de défendre Ra-ik en devenant son avocate, essayant ainsi de prouver son innocence tout en refoulant ses sentiments pour lui.

Des thématiques réalistes

Dès les premiers épisodes de Idol I, les sujets abordés sont intéressants et réalistes. D’un côté, nous avons Maeng Se-na, une avocate à la fois sérieuse et solaire : fan du groupe Goldboyz depuis des années, elle change de personnalité dès qu’elle quitte le travail. De l’autre côté, nous avons Do Ra-ik, idol depuis plus de 10 ans : complètement rongé par son métier, il semble à bout psychologiquement. 

Le contraste entre la vie de ces deux personnages est très bien amené, à travers des cas de figure rarement traités dans les dramas coréens. Le quotidien d’idol de Ra-ik est plausible, exposant à merveille les difficultés de ce métier : prise de médicaments, isolement extrême, conflits internes constants… Car même si Goldboyz est un groupe très populaire, et en particulier Ra-ik, cela ne rend pas son quotidien idyllique pour autant. Face à la pression constante, au stress de ses débuts solo, ou encore aux attentes démesurées de son agence, son quotidien est difficile à vivre. De plus, le drama expose une réalité que beaucoup de personnes ont tendance à omettre dans la Kpop : la mauvaise entente entre les membres d’un seul et même groupe. Car si les 4 membres de Goldboyz s’entendaient bien à l’origine, nous comprenons à merveille comment la rancoeur peut impacter le lien qui unit les membres les uns aux autres, et ce même après 10 ans de carrière. 

Crédits : ENA productions

D’un autre côté, les difficultés du métier d’avocat sont exposées à travers le personnage de Se-na. Si cette dernière est très connue dans le monde du droit, elle n’est pas populaire pour autant. En effet, Se-na prend toujours les affaires les plus controversées, quitte à avoir mauvaise presse par la suite. Par conséquent, même si elle gagne bien sa vie, elle fait sans cesse face aux critiques des internautes mais aussi de ses collègues, qui ne supportent pas sa réussite et son indépendance. Plus globalement, Idol I montre à de nombreuses reprises les limites auxquelles se heurte la justice coréenne. Le personnage de Kwak Byeong-gyun, procureur et ex-camarade de classe de Se-na, subit de façon constante la pression de son père. Pour conserver la bonne réputation de leur famille, Byeong-gyun et son père sont prêts à tout, quitte à condamner des innocents. Ce genre de comportements problématiques et élitistes au sein de la justice sont régulièrement exploités dans les dramas coréens, et sont à nouveau merveilleusement dénoncés dans Idol I.

Le sujet du “fangirling” est également très bien exploité dans ce drama : Se-na a beau collectionner tous les produits dérivés de Goldboyz et avoir des posters plein les murs, cela ne fait pas d’elle une personne irresponsable. Etre fan lui procure une joie immense, mais elle n’est pas dans l’excès, elle garde sa passion pour elle tout en restant terre-à-terre. Le drama offre donc une vision plus large de ce qu’est être “fan” d’un groupe ou d’un artiste, ce qui est rafraîchissant

En revanche, si les différentes thématiques abordées dans Idol I sont réalistes, plusieurs incohérences finissent par s’enchainer au fur et à mesure que le drama avance, cassant ainsi la dynamique installée. Par exemple, des thématiques comme la violation de la vie privée des idoles ou plus globalement le harcèlement sont abordées, mais elles sont édulcorées perdant ainsi toute leur pertinence. 

Un grand manque d’équilibre

Bien que le drama aborde des thématiques passionnantes mêlées à un scénario innovant, c’est l’exécution globale qui pêche. En effet, plus les épisodes passent, plus on perd le côté sérieux et poignant de la série. 

Crédits : ENA Productions

Les personnages perdent peu à peu en profondeur, et très vite l’intrigue devient superficielle et prévisible. Le personnage de Ra-ik, en particulier, perd tout son intérêt devenant presque antipathique : ce dernier est accusé du meurtre de son meilleur ami, il a perdu son travail et sa réputation par la même occasion, mais il parait complètement détaché de la situation. L’empathie que nous ressentions pour lui au début de la série s’envole alors, ne laissant place qu’à de l’amertume. De plus, le montage de la série exagère la chose en ajoutant des musiques ou des scènes humoristiques, alors que ce n’est pas censé l’être. Ce manque de cohérence rend le drama très perturbant à visionner.

De la même façon, le problème des sasaengs est fortement mis en avant dans Idol I, ce qui est un sujet passionnant à dénoncer. Mais là encore, ces dernières sont tournées en dérision. Dans le drama, deux jeunes filles s’introduisent chez Ra-ik, l’insultent et le traquent à de nombreuses reprises. Elles vont même jusqu’à saboter la voiture de Se-na pour qu’elle ait un accident, ce qui aurait pu lui coûter la vie. Mais là encore, ces sasaengs ne sont (presque) pas condamnées pour leurs actes, et la série en fait même des personnages humoristiques. Alors que ces situations n’ont rien de comique et rien d’anodin, surtout quand on sait que de nombreux artistes subissent ces comportements quotidiennement dans la vraie vie. Cette façon de traiter un sujet aussi important est dérangeante, notamment pour le message que cela renvoie aux spectateurs.

En dehors de cela, le développement des personnages secondaires semblait bien parti pour donner une dimension plus large à la série. Mais à nouveau, ces personnages ne sont développés qu’en surface, et sont seulement là pour nourrir l’intérêt des deux protagonistes. Ce détail crée, encore une fois, un manque de pertinence dans la série, noyant l’équilibre qui tentait de se mettre en place dans les premiers épisodes. Bien que les différents éléments de l’histoire soient intéressants individuellement, le drama ne parvient pas à les marier correctement, ce qui le rend déroutant à visionner.

Une romance discutable

Au milieu de l’enquête menée par Se-na pour innocenter Ra-ik, l’amour entre eux va finalement naître. Bien que la relation entre une avocate et son client soit peu déontologique, on ne peut nier l’alchimie et la délicatesse de leur histoire d’amour. Leur romance est fluide et naturelle, ce qui rend le visionnage agréable.

Crédits : ENA Productions

Malgré tout, cette relation est tout de même discutable. Pour rappel, Ra-ik est l’artiste préféré de Se-na. Même au sein de Goldboyz, Ra-ik est son membre préféré. Et lorsqu’ils se rapprochent, Ra-ik correspond (presque) à l’image qu’elle se faisait de lui étant fan. Alors forcément, elle tombe amoureuse de lui. Même si leur relation semble mignonne, cette idée de l’idole qui est conforme à tout ce qu’on imaginait reste contestable, voire perturbante. De la même façon, il est presque dommage que Se-na tombe amoureuse de Ra-ik. Car, encore une fois, cela conforte les fans dans l’idée que les artistes correspondent à leurs attentes, et qu’ils tomberaient amoureux d’eux instantanément s’ils se rencontraient. Certes, cette façon de penser peut sembler stéréotypée, mais beaucoup de fans ont encore tendance à idéaliser leur idole. Par conséquent, exposer une relation amoureuse entre un idol et sa fan en embellissant la réalité est quelque peu litigieux

La romance aurait gagné en intérêt et en réalisme si elle avait exposé les obstacles auxquels se heurtent les idoles lorsqu’ils sont en couple, et qui plus est avec un.e fan. Car dans Idol I, tout semble facile : ils se mettent en couple et vivent sous le même toit, mais tout le monde s’en fiche. Personne ne les harcèle comme c’est vraiment le cas dans l’industrie de la Kpop. Ainsi, quitte à créer une romance entre un idol et sa fan, ils auraient dû en profiter pour mettre en lumière la souffrance qu’inflige une industrie aussi contrôlante que celle de la Kpop

Le mot de la fin

Crédits : ENA Productions

Vous l’aurez compris, Idol I est un drama qui avait un énorme potentiel, mais qui n’a pas été correctement exploité. Les thématiques globales sont passionnantes et le scénario est original, mais le rendu final est décevant. Entre intrigue prévisible et personnages peu attachants, Idol I n’a malheureusement pas su répondre à nos attentes

Toutefois, il est important de souligner l’excellent jeu des acteurs Sooyoung et Kim Jae-young, qui était tout à fait à la hauteur. La bande son du drama était également remarquable, relevant la qualité générale du drama. 

Et vous, avez-vous été conquis ou bien mitigé par Idol I

Article par Anaïs.

KIP

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