Quelques mois après sa performance iconique au festival Coachella, le soliste et membre de SHINee Taemin a fait son retour le 31 août 2026 avec son tout nouvel album PHASE 1 : Soft Violence, qui laisse d’ailleurs présager une série d’album qui se compléteront les uns les autres.
L’équipe de Kpop in Paris vous propose ainsi de plonger au cœur de ce nouvel album passionnant !
Un concept visuel doux-amer
Comme l’indique le titre de l’album PHASE 1 : Soft Violence, le projet repose sur un contraste intéressant entre douceur et violence. Une dualité qui s’exprime aussi bien à travers les différentes pistes de l’album que dans l’esthétique des visuels.
Tout commence le 22 juillet 2026, lorsque Taemin dévoile la courte vidéo introductive ‘This Is’, dans laquelle on l’aperçoit allongé à terre, comme sans force. Puis le 10 août, le clip de la chanson ‘This Is The End’ expose Taemin coincé dans une routine interminable, dont il semble incapable de s’échapper. Enfin, le concept trailer sorti le 16 août, renforce cette impression d’oppression avec une esthétique plus affirmée et conceptuelle : blessures, fourmis, objets qui se brisent, textures aqueuses… Autant d’éléments qui semblent illustrer l’oppression subie par le narrateur et la violence dont il ne parvient pas à se défaire.

Captures d’écran du concept trailer de PHASE 1 : Soft Violence disponible sur YouTube
Le 31 août, le clip vidéo de ‘FLOAT’, la chanson titre de l’album, reprend ces éléments dans une esthétique plus épurée : comme si une certaine délicatesse tentait d’atténuer la violence présente jusqu’ici. Des textures crémeuses recouvrent les blessures de Taemin, comme pour illustrer l’ambivalence d’une relation toxique, où la souffrance coexiste avec l’attachement.
Le même jour, un court clip pour clôturer l’album nommé ‘The end’ sort, venant conclure cette histoire. Taemin parvient à s’échapper de la relation dont il était prisonnier, mais semble douter une dernière fois : une ultime hésitation qui prouve à quel point il est difficile de se détacher de l’emprise psychologique d’une relation toxique.
La pochette de l’album illustre, elle aussi, à merveille cette idée de “soft violence”. Les mains de Taemin semblent menottées par sa propre peau, comme s’il s’enfermait lui-même. Cette représentation vient prouver à quel point une relation toxique peut nous transformer, sans même que l’on s’en aperçoive. Enfin, les deux versions de l’album, Bitter et Sweet, font elles aussi écho à la dualité entre amertume et douceur dans une relation.

Captures d’écran du clip vidéo de ‘FLOAT’
À travers cet univers visuel cinématographique, Taemin sublime ainsi la violence de la relation, sans pour autant en effacer la souffrance. La complexité des relations toxiques y est abordée avec justesse, soulignant la difficulté que représente le fait de partir.
Une tracklist pleine de contrastes
Il est désormais temps de se pencher plus en détails sur les différentes pistes de l’album. PHASE 1 : Soft Violence est composé de 10 chansons, pour une durée d’écoute totale de 30 minutes et 15 secondes.
1) ‘FLOAT’
La chanson titre introduit l’album avec délicatesse. Dans ‘FLOAT’, Taemin décrit la façon dont l’amour allège le poids du quotidien, porté par une production minimaliste. Malgré le chaos, l’être aimé semble lui permettre de s’évader de la réalité. L’utilisation du verbe “flotter” est d’ailleurs très pertinente, illustrant la façon dont le temps semble s’arrêter grâce à cet amour. Musicalement, cette idée de flottement est portée par le son des synthés, présent tout au long de la chanson. Loin des title tracks énergiques que Taemin à l’habitude de proposer, ‘FLOAT’ est douce et aérienne, illustrant à merveille la beauté de l’amour.
2) ‘Gooey’
Taemin propose une énergie complètement différente dans ‘Gooey’, qui contraste fortement avec ‘FLOAT’. Ici, l’ambiance est puissante et impactante, avec une production beaucoup plus complexe : l’occasion pour Taemin pour mettre en valeur ses talents de vocaliste, de danseur, mais aussi de rappeur. ‘Gooey’ décrit un désir amoureux brûlant et intense : la frontière qui sépare les deux individus devient flou, comme s’ils ne faisaient plus qu’un ensemble. Mais cette idée illustre néanmoins une certaine toxicité : l’intensité de l’attirance ressentie donne à la relation une dimension presque obsessionnelle.
3) ‘Let Me Be The One’
La chanson s’impose avec singularité dans la continuité de l’album, avec une production pop rétro fortement influencée par Michael Jackson. Dans ‘Let Me Be The One’, le narrateur déclare son amour à l’être aimé, lui suppliant d’occuper une place dans sa vie. Pourtant, plus la chanson progresse, plus cette déclaration se transforme en ultimatum. Le narrateur met volontairement la pression à l’autre, lui imposant de lui donner une réponse rapidement. Et c’est précisément là que la chanson devient intéressante : malgré son look léger et positif, elle met en scène une forme de toxicité entre les deux individus avant même qu’ils ne se mettent en couple. Une violence à peine perceptible, mais qui témoigne tout de même d’un rapport de force déjà ancré.
4) ‘Sober’
Dans une ambiance pop et entraînante, ‘Sober’ arrive ensuite. Toujours dans l’idée de contraste sur lequel l’album repose, les paroles de la chanson décrivent tout l’inverse du titre qui signifie “sobre” : Taemin compare l’être aimé à une drogue à laquelle il est addict. Si cette comparaison n’a rien d’originale, le narrateur assume pleinement se complaire dans sa dépendance. La chanson se clôture d’ailleurs sur la phrase “I can never be sober now”, qui signifie “je ne peux désormais plus être sobre” : une sorte de fatalité assumée par le narrateur. La drogue que représente l’être aimé devient ainsi un symbole de bonheur et de libération, que la chanson porte par sa mélodie lumineuse.
5) ‘1004’
La nostalgie agit ensuite comme l’élément clé de ‘1004’, chanson dans laquelle Taemin compare l’être aimé à un ange. Le titre joue sur la prononciation du nombre 1004 en coréen (“cheonsa”), qui est identique à celle du mot “ange”, comme l’avait fait le groupe B.A.P. en 2014 avec sa chanson ‘1004 (Angel)’. Le narrateur reste coincé avec ses souvenirs de la relation passée, tandis qu’il observe l’autre personne aller de l’avant. A travers cette balade puissante et chargée en émotion, Taemin exprime donc l’idée suivante : certaines blessures peinent à guérir.
6) ‘Easy Loving You’
C’est ensuite avec beaucoup de vulnérabilité que ‘Easy Loving You’ arrive. Digne d’un véritable slow rock des années 1980, le morceau intégralement en coréen est à la fois délicat et puissant. L’amour est ici décrit comme quelque chose de merveilleux, voire d’instinctif. Pourtant, une sensibilité presque exacerbée se fait ressentir, témoignant de la complexité du sentiment amoureux. Contrairement à ce qu’évoque le titre, Taemin ne dit pas qu’aimer est quelque chose de simple – au contraire – mais décrit davantage l’amour comme un sentiment irrépressible allant au-delà de la raison.
7) ‘SKIN’
L’ambiance à la fois sensuelle et mystérieuse de ‘SKIN’ marque ensuite un tournant dans l’album, avec une production lourde. Ici, Taemin décrit avec assurance une métamorphose physique : le narrateur se sépare de son ancienne peau et change de forme pour devenir une nouvelle personne. Cette métamorphose peut être interprétée de deux façons : d’un côté, elle peut être la conséquence d’une relation toxique qui l’a obligé à se réinventer une fois libéré de celle-ci. Et de l’autre, cela peut être une façon pour Taemin de dénoncer toutes les attentes de l’industrie de la Kpop auxquelles il a dû se conformer depuis son plus jeune âge, le poussant aujourd’hui à se libérer de ces standards et à s’affirmer tel qu’il est.
8) ‘PARASITE’
Toujours dans une ambiance mystérieuse, ‘PARASITE’ s’impose comme un morceau à la fois théâtral et majestueux. Cette fois, Taemin compare l’être aimé à un parasite qui s’est salement emparé de lui. Mais contrairement aux pistes précédentes, la colère se fait davantage ressentir dans ‘PARASITE’ : après avoir offert sa confiance à l’être aimé, le narrateur se rend compte qu’il s’est fait avoir et complètement vider de qui il était.
9) ‘Frankenstein’
Introduite par quelques notes de piano, la chanson gagne petit à petit en intensité. Une fois encore, le narrateur a tenté de se formater aux attentes de l’être aimé, quitte à se perdre lui-même. Or, lorsque la rupture arrive, il se rend compte d’une chose : il n’est plus rien sans cette femme. Comme si elle l’avait créé de toute pièce, à tel point qu’il a l’impression de s’être transformé en monstre. Ce qui ressort de ‘Frankenstein’, c’est la réelle détresse du narrateur : d’un côté il ne sait plus qui il est et se sent affreusement trahi, et de l’autre il désire retourner à la merci de cette personne pour retrouver un sens à sa vie. Car pour lui, il n’est plus rien sans elle. Un lourd constat que le narrateur exprime à bout de force, sublimé par l’interprétation vocale particulièrement expressive délivrée par Taemin.
10) ‘This Is The End’
Le morceau clôture l’album avec une idée principale : l’émancipation. Après avoir été prisonnier d’une relation toxique telle une marionnette avec laquelle on jouait, le narrateur prend finalement conscience de la situation. Si le titre de la chanson indique bel et bien la fin de cette situation éprouvante, nous pouvons également y voir le début d’un nouveau chapitre pour Taemin : après la soumission, il se rebelle finalement. Et cette idée de renaissance s’exprime notamment à travers la dernière phrase de la chanson : “Take me off the hinges, I’m about to make noise”, qui signifie “Arrachez-moi de mes gonds, je suis sur le point de faire du bruit”. Taemin ne s’excusera désormais plus de vivre, ni d’être qui il est.
A l’image de ce que l’album souhaite véhiculer, les dix chansons s’enchaînent avec contraste, toujours en alternant entre douceur et violence. Alors que ‘FLOAT’ décrit la beauté de l’amour, ‘Gooey’ marque immédiatement une rupture avec de l’agressivité. Et ainsi de suite pour chacune des tracks de l’album, que ce soit à travers leur musicalité ou leurs paroles. Mais surtout, les différentes chansons traitent avec beaucoup de justesse et de réalisme la complexité d’une relation toxique, à l’image des visuels de l’album. Taemin ne se contente pas d’enjoliver ou, au contraire, de dramatiser la relation : il l’aborde dans sa globalité, avec toute son ambivalence. C’est d’ailleurs l’idée principale que PHASE 1 : Soft Violence semble vouloir véhiculer : ce n’est parce qu’une relation est toxique qu’il est simple de s’en rendre compte et d’en partir. Et Taemin nous exprime précisément pourquoi à travers ces dix morceaux.
Un nouveau projet riche et cohérent

Comme à son habitude, Taemin propose ainsi un album complet et pertinent. En tant qu’auditeur, nous sentons que le projet a été peaufiné à son maximum, et que Taemin y a mis son cœur. C’est d’ailleurs la première fois qu’il participe autant à l’écriture des paroles des chansons, faisant probablement de PHASE 1 : Soft Violence un de ses albums les plus personnels. Et surtout, malgré le fait que Taemin ait intégré énormément d’anglais dans ce projet pour la première fois de sa carrière, son identité musicale n’est pas dénaturée pour autant.
Plus largement, le concept de PHASE 1 : Soft Violence est intéressant et cohérent avec l’identité artistique construite par Taemin au fil des années. Les musiques sont bien produites et s’ancrent à merveille dans l’univers de l’album, tandis que la narration progresse pertinemment au fur et à mesure de l’écoute. Maintenant qu’il a abordé la toxicité d’une relation amoureuse, nous sommes impatients de découvrir ce que Taemin proposera comme suite dans son prochain projet.
Mais en attendant, c’est un véritable carton plein pour Taemin et pour PHASE 1 : Soft Violence, qui risquent faire forte impression à l’Adidas Arena de Paris le 12 novembre prochain !
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