Diffusée sur le petit écran du 31 mai au 20 juillet 2025, la série Good Boy (굿버이) a atteint son grand final après avoir séduit le coeur du grand public avec ses personnages colorés et attachants. Dirigée par Shim Na-yeon (Beyond Evil, The Good Bad Mother) et écrite par Lee Dae-il (Bring it on, Ghost!, Chief of Staff), la série a amassé un certain succès lors de la parution de ses premiers épisodes, avant de perdre de l’engagement petit à petit. Phénomène très courant somme toute, une nouvelle série étant toujours plus susceptible d’attirer plus d’attention à ses débuts, la réussite de Good Boy reste encore à décider. Avec l’équipe KIP, on a regardé la série pour vous faire part de notre avis.
Attention, la suite de cet article contient des spoilers.
Une intrigue principale vide
Le drama suit cinq personnages principaux, tous anciens champions olympiques reconvertis officiers de police grâce au recrutement spécial pour anciens athlètes nationaux. Ayant tous participé aux Jeux Olympiques de Rio en 2018, chacun se connaît déjà d’une manière ou d’une autre, pour le meilleur ou pour le pire.
Par hasard, ils finissent tous employés au sein de la même station de police à Insung, et suite à l’arrestation imprévue du leader d’un gang local, réalisée grâce à la collaboration de nos cinq héros, les anciens athlètes se retrouvent dans une équipe d’investigation créée spécialement pour eux, en récompense de leurs efforts.

La joie est de courte durée quand l’affaire sur laquelle ils travaillent mène à la mort d’un ami proche d’un des officiers. L’équipe se retrouve très vite les mains liées quand le pouvoir judiciaire étouffe l’affaire et leurs supérieurs leur interdit d’enquêter. Refusant d’abandonner, ils découvrent rapidement qui est réellement l’instigateur derrière tout ça, un officier des douanes ayant répandu son influence à travers toute la ville.
La série se démarque par le choix de son vilain (Oh Jung-se), qui pour une fois au lieu d’être un haut placé de la police ou de la justice, un PDG psychopathe ou un tueur en série caché dans le passé d’un des protagonistes, s’avère être une personne ordinaire. Son but n’est pas non plus politique, mais purement et simplement de s’enrichir, ce qui représente un objectif assez logique et moins tiré par les cheveux que dans les séries policières habituelles.
La nouveauté s’arrête cependant à ce niveau-là. Très vite, la traque pour ce vilain tourne en rond, devenant un jeu de chat et de la souris sans saveur dans lequel l’équipe de policiers échoue coup sur coup jusqu’au grand final où, évidemment, ils triomphent enfin. Avec la révélation du vilain principal au bout du troisième épisode seulement, l’intrigue est dépouillée de tout élément de mystère et manque cruellement de suspense.

Même l’enquête pour découvrir qui est la taupe parmi les forces de police s’avère être de courte durée, sans parler du deuxième espion qui n’a jamais été découvert et n’est plus mentionné passé l’épisode 15.
La série essaie de combler ce vide investigatif en amassant des scènes d’action innovantes et impressionnantes, mais à l’exception de quelques-unes particulièrement marquantes comme le combat solo de l’officière Ji Han-na dans le repère ennemi, même celles-ci deviennent répétitives et perdent de leur intérêt.
Le spectateur n’est même pas récompensé dans le dernier épisode avec un procès en bonne et dûe forme. Vu que le vilain se fait assassiner dans sa cellule, nous avons plutôt la confirmation que la corruption est belle et bien toujours rampante, une morale décevante pour une série télé dont la société est gangrenée par l’avilissement et la malversation des pouvoirs publics.

L’absence totale de conséquences pour le commissaire de police alors qu’il était l’une des contre forces majeures aux efforts des protagonistes laisse certainement un goût amer dans la bouche. Au-delà de la série, on peut interpréter ce manque de retour de bâton comme l’abandon général de la société, coréenne ou mondiale, face à des circonstances politiques indignes.
Un scénario guidé par les personnages
Bien que l’intrigue principale laisse grandement à désirer, l’élément salvateur du k-drama se retrouve dans le développement des personnages, et la façon dont leurs passés se connectent et se recoupent. Chacun bénéficie de sa propre histoire, et chacun a un point faible qui les poursuit tout au long de la série, leur propre talon d’Achilles.
Yoon Dong-ju (Park Bo-gum) est un homme impudent au grand cœur, avec toutefois un côté simplet que l’on voit évoluer au fil de la série jusqu’à ce qu’il devienne un vrai détective. Il est cependant entravé par un souci de santé grave lié à sa carrière de boxeur, qui ne voit sa résolution qu’à l’avant-dernier épisode.
Ji Han-na quant à elle cherche désespérément à élucider le meurtre de son père, ancien officier de police également. Kim So-hyun resplendit dans ce rôle, délivrant une performance intense et inédite, largement différente des rôles romantiques dans lesquels elle apparaît souvent.

Kim Jong-hyeon (Lee Sang-yi), ancien escrimeur médaillé d’argent, dont la carrière s’est arrêtée suite à un événement traumatique lors des JO 2018. Ce trauma suit le personnage tout au long de la série, et on voit bien comment petit à petit il arrive à le surmonter, jusqu’à reprendre sa carrière sportive à la fin de la série.
Shin Jae-hong (Tae Won-seok) évoque la figure paternelle de l’équipe. Son caractère doux en opposition à son physique de lanceur de disque est appuyé par ses responsabilités en tant que chef de famille, avec quatre enfants en bas âge. Les difficultés financières qui en découlent constituent un sérieux obstacle à sa participation continue à la résolution de l’enquête.
Enfin, le chef de l’équipe Go Man-sik (Heo Sung-tae) doit faire face au manque de reconnaissance et à la dérision infligée au quotidien par ses supérieurs, notamment le commissaire.

Chaque personnage principal est caractérisé par des traits bien définis, avec une storyline propre à lui, indépendamment des autres personnages. La vraie surprise réside cependant dans les vilains, avec leurs caractères travaillés. Certains ne s’avèrent pas aussi noirs qu’on le pensait, en faisant des personnages contrastés qui apportent une profondeur de plus au scénario.
Le mot de la fin
Bien que cette série ait commencé fort et a su capter l’attention des spectateurs à ses débuts, elle s’est très vite essoufflée. Elle est principalement guidée par la force de ses personnages, une caractéristique que l’on retrouve dans The Good Bad Mother, une autre œuvre de la directrice Shim Na-yeon. Cependant, de bons personnages ne font pas tout, et leurs esprits colorés et piques comiques ne suffisent pas à rattraper tous les écueils de cette série.
Les placements de produits outrageusement évidents représentent un point de friction supplémentaire, surtout quand ceux-ci brisent le rythme et rendent la scène embarrassante. Un défaut qui se remarque d’autant plus à notre époque, où les k-dramas réussissent la plupart du temps à intégrer ces segments de façon assez subtile.
On accorde toutefois un point bonus pour la soundtrack intéressante, faisant battre nos cœurs plus vite lors des scènes d’actions et apporte cette touche d’excitation dès qu’on entend les notes de GET IN THE RING de MAX.
Good Boy reste assez simpliste, et échoue à s’inscrire en tant que série mémorable. Elle est cependant une bonne série si l’on recherche quelque chose de facile à regarder avec une bonne dose d’action et touche d’humour.
