Le 28 janvier dernier, il est un peu avant 20h lorsque les portes de l’Élysée Montmartre s’ouvrent. Dans la file d’attente, on reconnaît tout de suite les codes : lightsticks dépassant des tote bags, photocards soigneusement glissées dans des topholders, tenues inspirées de comebacks récents ou de groupes préférés. Les discussions s’engagent naturellement à base de “Tu stans qui ?”, “Tu viens d’où ?”, “Tu as vu le dernier comeback ?”.
Purple Door : quand la K-pop quitte nos écrans
Avant même que la musique ne commence, il y a déjà ce sentiment familier d’être au bon endroit, entouré.e de gens qui parlent la même langue que vous, celle de la K-pop.
Ce soir-là, Deezer, célèbre plateforme de streaming musical, inaugure sa toute première K-pop Night en France. Une soirée annoncée comme pensée par des fans, pour des fans. Une promesse ambitieuse, dans un paysage où les événements K-pop se multiplient, mais où tous ne parviennent pas toujours à capter l’essence de la culture fandom. Ici, l’enjeu est clair : créer un espace où la K-pop ne se consomme pas seulement, mais se vit ensemble.
Une K-pop Night qui parle le langage des fans
Dès l’entrée, l’ambiance donne le ton. Pas de décor clinquant ou de branding envahissant, mais une circulation fluide entre les espaces, chacun pensé pour refléter une pratique bien connue des fans.
À 20h, la soirée démarre avec un karaoké géant. Sur scène, des volontaires de tous âges se succèdent, parfois hésitants, souvent survoltés, toujours soutenus par la salle.

À 20h45, place au moment que beaucoup attendaient : le random play dance. Dès les premières notes, le public se rassemble, prêt à bondir au centre du parterre délimité dès qu’un titre familier retentit. Ici, pas de jugement, pas de performance à prouver. On danse parce qu’on aime, parce qu’on reconnaît une chorégraphie apprise devant un écran, et surtout parce qu’on la partage enfin avec d’autres. Les passages sont filmés et retransmis sur écran, recréant cette excitation collective propre aux concerts et aux conventions.
À 21h30, la soirée bascule doucement vers un DJ set assuré par Kahi Baby, qui enchaîne les titres jusqu’à la fin de la nuit. La piste ne désemplit pas. Certains dansent sans relâche, d’autres chantent à tue-tête, pendant que des groupes se forment et se reforment au fil des morceaux.
Vivre la K-pop hors des écrans
Entre deux temps forts, les fans circulent librement. Les deux photobooths Memoli sont victimes de leur succès, immortalisant des moments entre ami.es rencontré.es parfois quelques minutes plus tôt. Les stands de customisation ne désemplissent pas non plus. On y arrive avec son propre lightstick ou l’on se laisse guider par le staff de Deezer, qui fournit des photocards à l’effigie de groupes comme BTS, BLACKPINK, P1HARMONY, ENHYPEN ou encore KATSEYE. On s’installe et pendant une dizaine de minutes, place à la création aux côtés d’autres fans : on échange des conseils, des stickers, parfois même des photocards, dans une atmosphère aussi spontanée que bienveillante.



L’animation de la soirée est assurée par Clyde Williams, host des plus appréciés de la scène K-pop française. Son rôle n’est pas de diriger la soirée, mais de l’accompagner, avec une compréhension évidente des codes et des attentes des fans.
Une communauté active : la force du collectif
Au fil de la soirée, un constat s’impose rapidement : ce n’est pas seulement un événement où l’on vient écouter de la K-pop, c’est un lieu où l’on se rencontre. Devant la scène, au stand de customisation ou dans la file du photobooth, les discussions s’enchaînent naturellement. On parle de groupes favoris, de comebacks récents, de concerts passés et très vite, les barrières tombent.
Parmi les participant.es, nous avons interrogé deux amies à l’énergie débordante. L’une danse à chaque tour du random play dance, l’autre l’encourage depuis le bord de la piste.
Avant d’arriver, elles n’avaient pourtant aucune attente particulière. “On s’est dit qu’il n’y aurait peut-être pas grand monde et puis on a vu la file d’attente. Là, on a compris que ce n’était pas juste une petite soirée, mais un vrai événement.” À la question d’une éventuelle suite, la réponse est immédiate, presque spontanée : “Franchement, quand vous voulez !”.
Des rencontres spontanées entre fans
Ce qui les a le plus marquées ? “Les gens. Tout le monde est sympa, on a rencontré plein de personnes. Il y a tellement de talents, c’était magnifique à voir. La musique est trop bien choisie, et les lumières violettes aussi. Et la mascotte!!!”
Un peu plus loin, nous avons pu parler avec une autre participante dans la file d’attente de la boutique K-Pop Store. Elle fait partie de celles qui ont vu la K-pop évoluer. “Ça va faire dix ans cette année”, confie-t-elle. “J’ai commencé avec BTS, EXO et NCT”.
Une fan de longue date, ancrée dans ce que beaucoup considèrent comme une période charnière, l’année 2016. Ce soir-là, à la Purple Door, elle retrouve exactement ce qu’elle aime dans la K-pop. “On est là, entre nous. Un peu comme si on se retrouvait tous après un concert, le genre d’after-party rêvé”.
Ce que racontent ces échanges, c’est moins la réussite d’un événement que la nécessité de ce type d’espace. Ici, personne n’a besoin de se justifier d’aimer la K-pop. On danse, on chante, on discute, on crée librement, tous ensemble.
Vers une nouvelle manière de vivre la K-pop
En quittant l’Élysée Montmartre, une chose est sûre : cette Purple Door n’était pas qu’une soirée de plus. Elle illustre une évolution plus large de la K-pop en France, où les événements communautaires prennent une place de plus en plus centrale. Des espaces où l’on ne vient pas seulement écouter de la musique, mais partager une culture, des émotions et des histoires communes.
À l’heure où la K-pop continue de rassembler des communautés toujours plus diverses, ce type d’initiative rappelle une évidence souvent oubliée : la K-pop est faite pour être vécue ensemble.



Nous espérons très sincèrement qu’il s’agissait bien de la première, mais surtout pas de la dernière K-pop Night de Deezer.
Parce qu’au vu de l’enthousiasme général, on imagine déjà les déclinaisons possibles : des soirées par génération K-pop, des éditions girl groups only ou boy groups only, ou encore des focus sur une année marquante (d’autant plus que la tendance “2026 is the new 2016”) ; qu’en diriez-vous ?
L’équipe de Kpop in Paris remercie chaleureusement les équipes de Deezer pour l’accueil.
Crédits photo : Goray Prod pour Deezer