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The Sin : Vanish, quand ENHYPEN transforme son comeback en expérience narrative

Le boy group issu de I-Land, ENHYPEN, a sorti son 7ème mini album The Sin : Vanish ce 16 janvier 2026. Ce dernier projet n’est pas seulement un album musical, il suit une continuité narrative dense et transmédiatique.

Suite à leur histoire autour du webtoon Dark Moon, désormais disponible en animation sur Crunchyroll depuis le 9 janvier, ENHYPEN dans ce nouvel album aborde le concept de vampire sous un nouvel angle s’éloignant ainsi de leur arc narratif. Notamment après leur mini album précédent : “Desire Unleash”, qui prenait la forme d’un concept plutôt cinématographique. Les membres témoignaient de leur vie de vampires à la télévision, centrée autour du désir et de leur identité. Cette révélation publique de leur identité provoque ainsi des réactions et ENHYPEN devient une cible. Traqués à la fois par d’autres vampires, par les humains et par les forces de l’ordre, ils sont accusés d’avoir volé une mystérieuse sphère rouge, un artefact clé censé leur permettre de disparaître définitivement de la société.

L’équipe de K-pop in Paris vous décrypte comment le comeback dépasse l’album.

La communication autour de l’album :  La traque est lancée par les journaux VAMPIRENOW

Le concept de l’album et du comeback en entier dépasse la musique et suit leur lore (histoire). La stratégie de communication déployée pour The Sin : Vanish dépasse les promotions classiques en prolongeant activement l’histoire et le cadre artistique. Le groupe joue sur le thème de la traque et de la cachette. En adoptant l’étiquette fugitifs, la mise en scène de la traque s’étend à l’ensemble de l’écosystème médiatique du projet.

L’un des éléments les plus intriguants et marquants est la création de vampirenow, un faux journal tenu par des vampires (voir le gouvernement des vampires) communiqué à la fois sur instagram et sur un site internet dédié. Vampirenow est présenté comme un média d’actualité, publiant de nombreux articles consacrés à la vie de vampire mais aussi à la recherche d’ENHYPEN. Ce qui transforme la promotion en une enquête narrative où en tant qu’humain on peut se positionner de l’autre côté du monde

https://vampirenow.live

Chaque publication de vampirenow est une source de fragments d’informations et de détails visuels qui renforcent l’immersion et une source d’indices pour le concept du comeback. Les fans ne sont plus de simples spectateurs : ils deviennent lecteurs, enquêteurs, interprètes du récit. Ils expriment d’ailleurs leur volonté de poursuivre cette chaîne permettant d’une part l’explication de l’histoire mais aussi de s’immerger plus facilement dans le monde des vampires.

@vampirenow.live

Entre marketing narratif et engagement social : la collecte de don de sang comme extension du concept

Un autre aspect particulièrement marquant autour de la communication du groupe, se trouve dans la collaboration d’ENHYPEN avec la Croix-Rouge coréenne pour une campagne de don de sang. En effet, cette campagne est relativement sarcastique, voire ironique, dans un contexte où le groupe incarne des vampires. Cette initiative est d’ailleurs très appréciée car selon K-GEN il y a eu dès le premier jour de la campagne une augmentation de 267 % par rapport au nombre moyen quotidien de donneurs. Presque 600 personnes ont pris part à la campagne en Corée, sans compter la prise en charge des fanbases internationales qui ont prolongé le projet. Ce qui est le cas de la Philippine, par exemple.

Sources : Naver  et Enhypen Philippines


En effet, plutôt que de se limiter à une provocation humoristique, la campagne transforme l’imaginaire vampirique en action sociale concrète. Le concept devient alors un levier d’engagement réel, reliant le divertissement et la responsabilité collective. Cette opération montre clairement l’extension narrative du groupe, où le storytelling ne sert pas uniquement la promotion, mais génère également un mouvement social.

Les audios immersifs : une histoire entre les chansons

Sur le plan de l’album en lui-même, The Sin : Vanish se distingue par sa structure. Bien que le mini-album compte onze pistes, seules six sont des chansons. Les cinq autres sont des audios immersifs insérés entre les titres, qui développent le récit, rappellent les événements clés et approfondissent le lore. Cette décision peut surprendre à la première écoute, mais elle s’inscrit parfaitement dans la logique narrative du projet. De fait, The Sin : Vanish s’écoute autant qu’il se raconte ou se déchiffre. ENHYPEN se démarque en cela comme l’un des groupes les plus aboutis de la K-pop en matière de storytelling transmédiatique.

Chaque audio adopte une posture narrative différente, entre récit fondateur, regard social, discours médiatique et ouverture mythologique.

The Beginning, le premier audio, pose le cadre comme un mythe d’origine. Exprimant immédiatement les thèmes centraux : le destin, les rêves interdits, la transgression et la fuite, cet audio narre la façon dont la société de vampire est faite entre les lois, les unités de poursuite, et les péchés notamment celui de créer un vampire sans autorisation. Ce péché est d’ailleurs mis en avant comme une remise en cause de l’ordre social. Ils utilisent aussi la métaphore du vol d’œuvre d’art, leur disparition est assimilée à la fuite parfaite et secrète. Et terminent leur explication exprimant que sans sécurité et face à tout ce qu’il se passe, leur seul refuge devient l’amour comme une force.

“Sans véritable filet de sécurité

Comme si chacun était le seul salut de l’autre

Comme si, grâce à leur amour,

il ne restait plus rien à craindre”

(traduit de la version anglaise)                          

Le deuxième audio, The Fugitives, révèle que le couple de fugitifs semblent heureux. Ils rient, aiment la transgression et n’ont plus peur du danger. Alors que la fuite était supposée mener à leur destin de souffrance, elle devient un espace de liberté remettant en cause d’ailleurs les lois vampiriques.

The Voice, raconte quant à elle, avec un timbre presque robotique que les voix et les réponses que l’on cherche sont sûrement déjà en nous. Le récit invite une lecture introspective où la vérité n’est plus dictée par la société mais provient de nous-même. Il joue aussi un rôle clé car il renvoie à un de leurs produits qu’ils vendent pour le comeback comme levoice keyring doll, aussi vers leur site web vampirenow.live. Le récit se connecte directement à l’univers promotionnel de leur album. 

L’audio suivant, The Witnesses, développe une discussion de 3 témoins. Ils expriment leur jugement et leur incompréhension de la fuite des fugitifs les décrivant comme irresponsables et irrationnels. Cette piste audio rappelle fortement comment les rumeurs se répandent car aucun des témoins ne parlent avec certitude. Pour autant, ils construisent le même discours que ceux énoncés avant celle du destin de l’échec des fugitifs. Finalement, les fugitifs n’ont jamais vraiment la parole mais n’existent qu’au travers de ce que les autres racontent.

Concernant le dernier audio, The Beyond, qui clôture l’entièreté de l’album, suspend le récit dans l’incertitude. Le couple a disparu, l’unité de poursuite de vampires a cessé les recherches, les rumeurs s’éteignent et l’histoire semble se dissoudre dans une légende. 

Les titres de The Sin : Vanish, “What’s behind your back ?”

La sortie des albums est, elle-aussi, pensée stratégiquement. Dans un premier temps sorti en original, l’album digital a été décliné en chinois, japonais et anglais. Les déclinaisons permettent notamment de toucher le public international via l’immersion des audios, mais aussi de multiplier les points d’entrée. 

Cette logique s’accompagne aussi d’un symptôme qui a fait réagir les fans : la compression systématique des chansons. Le title-track Knife ne faisant que 2 minutes 20 et Big Girls Don’t Cry 1 minute 59, seule No Way Back dépasse à peine les 3 minutes. La composition classique des chansons de K-pop est changeante depuis un moment, nous laissant limite sur notre faim (comme les vampires…). 

Sur le plan sonore, l’album se dirige plus vers un concept internet street hip-hop. Les textures sont plus brutes, les basses plus lourdes, les rythmes plus secs. La pop cède la place à une production plus urbaine, en effet le title-track Knife symbolise parfaitement ce virage suivant la logique de la B-side de “Desire Unleash” Outside. D’ailleurs, certains commentaires sur internet soulignent la ressemblance aux productions de Cortis, ce qui a créé une petite polémique. Seulement, Cortis et ENHYPEN partagent la même agence, ce qui explique une nouvelle signature HYBE dans laquelle les producteurs circulent de nouveaux codes esthétiques et une nouvelle identité. 

En plus du concept plus hip-hop, Knife repose sur l’exploitation des mèmes internet : “What’s behind your back? – It’s a knife.”  mais aussi des publications de promotion de l’album : 

Disponible depuis leurs publications instagram : Instagram

Concernant les B-sides, la narration de l’album est structurée en quatre chapitres accompagnant les morceaux. Chaque chapitre incarne une étape de la fuite des amants vampires : le Chapitre 1 : No Way Back de la transgression initiale, à la romance sous tension dans le Chapitre 2 : Big Girls Don’t Cry, la rébellion (Chapitre 3 : Stealer), jusqu’au danger ultime le title-track Knife. Les segments narratifs des audios permettent de contextualiser les musiques et le développement de l’histoire. 

Sleep Tight, coécrite par Jake et Heeseung, introduit une chanson plus aérée et plus introspective. Ce contraste est essentiel, rappelant que derrière l’esthétique “street” et la traque se cache toujours une narration émotionnelle, fidèle à l’ADN du groupe. 

Big Girls Don’t Cry s’impose comme le titre le plus viral en jouant avec une posture volontairement provocatrice, le morceau adopte un ton que certains ont qualifié de “man hater”, non sans ironie. Les paroles “Big dog don’t bite”,My mama said big girls don’t cry, it only hurts if you let it, These boys they only want your heart because they wanting to break it” et l’introduction de Lost Island, Empty out those pockets baby, You know I ain’t messin’ with no broke man”, ont été beaucoup repris en mème d’ailleurs. Féminisme vampirique et humoristique,  l’album bien représentatif de l’identité du groupe semble aussi pensé pour la punchline et la réappropriation sur les réseaux sociaux, ce qui nous confirme qu’il est fait pour être aussi incarné par son public. 

Les versions membre, un remix personnalisé :

Trois jours après la sortie de The Sin : Vanish le 16 janvier, ENHYPEN prolonge les surprises avec des projets individuels. En proposant un remix et une voice note par membre, le groupe décline l’album en sept versions portées par chacun d’entre eux, renforçant à la fois l’engagement des fans et la dimension artistique du projet. Cette initiative créative leur permet d’apporter leur touche personnelle au title-track, Knife, et de développer leur expression artistique. 

Les voice notes sont des mini lettres exprimées en anglais destinées aux ENGENEs, décrivant leurs intentions pour les remix et leur contribution. 

Jungwon dans son remix s’oriente vers un nu métal énergique qu’il aimerait performer et danser sur scène se rapprochant du remix métal de Jay conçu pour faire bouger les têtes. Heeseung quant à lui propose une version électronique Boom Bap, et Sunghoon s’inspire du funk brézilien. Jake explore une esthétique Memphis hip-hop. Pour finir, Sunoo adopte une approche glitch pop rappelant directement les jeux vidéos, tandis que Ni-Ki privilégie un speed-up hip-hop dansant.

Les actions des fanbases internationales comme prolongement marketing :

Pour le comeback, les fanbases de nombreux pays ont collaboré pour réaliser un projet mondial. Initié par Enhypen Update des affiches “WANTED VAMPIRES” ont été placardées dans les quatres coins du monde. Dans le but d’étendre et prolonger la communication autour du comeback, 11 fanbases ont répondu présent à cette initiative : France, Allemagne, Royaume-Uni, Etats-Unis, Mexique, Pérou, Costa Rica, Philippines, Indonésie, Australie et Egypte. L’alliance des fanbases mondiales a transformé les rues de nos villes en un décor de film de chasse aux vampires

La fanbase ENHYPEN FRANCE a aussi réalisé un événement en collaboration avec la Fnac des Ternes de Paris. En plus de distribuer des postcard gratuites sur le thème de vampirenow dans de nombreuses Fnac partout en France, la fanbase a pu organiser une release party. En effet, l’événement a été un succès, les stocks d’albums de la Fnac des Ternes ont rapidement été épuisés et la participation des fans à l’événement organisé a été bien accueilli. 

–  TW – Meutres  –

La fanbase a organisé pour l’occasion une enquête autour de meurtres, basée sur des histoires vraies. L’EN-quête se passait dans les années 1930, où ENHYPEN est en fuite. Depuis qu’ils ont brisé le tabou absolu en révélant l’existence des vampires au grand jour, ils sont traqués sans relâche, autant par les humains que par leur propre espèce. Leur fuite à travers le monde les mène finalement à Paris, une ville assombrie par une série de meurtres. Accusés à tort, s’ils veulent survivre et disparaître une nouvelle fois, ils doivent découvrir la vérité et démasquer le véritable responsable. Entre speakeasies, un bar clandestin, manoir et tableau d’enquête, les fans ont dû découvrir qui était le meurtrier et où ont fui ENHYPEN dans leur prochaine destination. Ce jeu de recherche a beaucoup plu aux fans, en transformant la promotion du comeback en une expérience participative et narrative.

Enhypen France sur Instagram et Twitter (X)

Les prix et la réussite de l’album :

Le comeback de The Sin : Vanish confirme que le groupe maîtrise le storytelling transmédiatique comme un écosystème unique dans lequel musique et narration vont de pair. L’album dépasse le cadre classique de la musique en proposant une expérience totalement immersive. Chaque projet prolonge la fiction et le lore du groupe, et joue sur la fuite. 

D’ailleurs, les résultats confirment l’impact du projet avec une victoire à M Countdown, une entrée au Billboard 200 et une 2ᵉ place obtenue en seulement une semaine. Côté France l’album atteint la deuxième place en Top Album SNEP ainsi que la première place des ventes physique.

En plaçant les fans au cœur du récit en tant qu’enquêteurs, témoins et relais,  ENHYPEN montre une nouvelle manière de concevoir la K-pop. La fiction, le numérique et la communauté s’entrelacent pour créer bien plus qu’un simple retour musical.

Article par Ambre

Retrouvez les sur les réseaux : 

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