Depuis quelques années déjà, la ville de Nantes accueille le festival Printemps Coréen. En plein cœur de l’anniversaire des 140 ans des relations diplomatiques entre la France et la Corée, ce lien entre nos deux pays s’est retrouvé légitimé une fois de plus. Tout au long du mois de mai, le festival offrait diverses manifestations autour des cultures traditionnelles et populaires coréennes.
Et bien entendu, l’équipe de Kpop in Paris était sur place. Plongez vous avec nous dans ce festival pour une immersion complète au pays du matin calme.
L’histoire des relations diplomatiques
2026 marque les 140 ans des relations diplomatiques entre la France et la Corée. Grâce à cet anniversaire, de multiples événements ont lieu en France mais aussi en Corée pour célébrer l’occasion ! Mais savez vous d’où sont parties les relations entre nos deux pays ?
Sujet d’une rencontre littéraire au cœur du festival, l’histoire des relations franco-coréennes est plus inattendue qu’il n’y paraît.
En avril 1851, le baleinier français Narval, pris dans une violente tempête, dériva jusqu’à l’île de Bigeum. Cette île, sous la juridiction de Naju à l’époque, avait l’habitude de recevoir des naufragés de toute l’Asie, mais des français ? C’était une première.
Après quelques péripéties, une partie de l’équipage se dirigea vers Shanghai pour retrouver le consul de France, Charles de Montigny pour l’avertir de la situation.

Il se rendit par la suite personnellement sur l’île. Entre temps, les coréens offrirent l’hospitalité et de l’aide aux naufragés et en retour, le consul Montigny organisa un banquet avec Lee Jeong-Hyeon, magistrat de Naju. C’était la première fois que les coréens goûtaient au champagne et en échange, les français repartirent en France les bras remplis de cadeaux et de bons souvenirs de la Corée.
Vous voulez en savoir plus ? Les éditions de L’Atelier des Cahiers vous proposent les livres présentés par leurs auteurs lors du festival :
- Le Narwal ou les tribulations coréennes d’un baleinier français, essai de Pierre-Emmanuel Roux
- Victor Collin de Plancy, une vie au service de la Corée, essai de Stéphanie Brouillet

Une inauguration éclatante
Pour cette 13e édition du festival, les organisateurs ont vu les choses en grand. A l’occasion d’une soirée inaugurale à la salle Paul Fort en plein cœur de la métropole, trois concerts se sont succédé pour une soirée riche en mélange et en partage. De la musique traditionnelle avec le 12 Gasa Récital à une approche plus contemporaine avec le Samin Dong Rak Quintet, la musique coréenne a résonné à Nantes.


La diversité et l’échange étant au cœur du festival, c’était l’occasion parfaite pour faire découvrir les coutumes des deux pays. Un concert inédit mêlant fest-noz (danse traditionnelle bretonne) et ganggangsullae (danse traditionnelle coréenne) a fait vibrer le public venu profiter de ce Cercle des Cultures. D’ailleurs, ce dernier a été créé exclusivement pour le festival et quelques jours avant leur passage sur scène, les musiciens ne se connaissaient même pas. Pourtant, l’harmonie était présente et on déplore presque de ne pas avoir de version studio à vous faire découvrir.

Mais le festival ne s’est bien entendu pas arrêté à son ouverture. Conçu comme une véritable invitation au voyage, de nombreux événements se sont tenus dans toute la métropole Nantaise.
Une Corée entre traditions …
Héritage et récital
Avec diverses manifestations autour des traditions et de l’Histoire, le saut dans le temps se fait ressentir aussi. Au son des instruments traditionnels, le quatuor des Interprètes nous a transposés dans la Corée du XVIe au XXe siècle, rendant ainsi hommage au passé dans l’intimité de l’Espace Cosmopolis.

Là où les voeux s’embrasent
Vainqueure du premier festival d’Automne Français en Corée, l’artiste KIM Heewon s’est produite à Nantes et le son de son gayageum a résonné à l’espace Cosmopolis. Au travers d’une performance de pièces de sa composition, la musicienne nous a fait voyager dans les forêts coréennes, au gré du vent. Riches de son inspiration autour des rituels des vœux, toutes les pièces sauf une étaient de sa composition. Une véritable immersion dans des traditions souvent méconnues par le grand public.

… et modernité
Nanoom, la convivialité à la coréenne
Place au partage au plein cœur de l’île de Nantes !
En partenariat avec le Magmaa, célèbre foodhall nantais, une soirée coréenne a eu lieu le 29 mai, unissant gastronomie, culture et même Kpop ! Tout en dégustant les plats préparés par diverses enseignes de K Food, le public a pu profiter d’une initiation de danse Kpop, de démonstration des élèves des cours de danse du Printemps Coréen mais aussi d’un crew fondé par l’association. Un véritable spectacle où petits et grands ont pu profiter d’un moment convivial et chaleureux.
Mais clou du spectacle, la compagnie Geuru était également au rendez-vous. Venue tout droit de Corée du Sud, cette compagnie de danse reprenant les codes des danses folkloriques ancestrales (pungmul) les mêle à des aspects plus modernes des danses hip-hop contemporaines. Un parfait mariage qui en a ébloui plus d’un dans la métropole nantaise !

La Corée contemporaine au Printemps des Nefs
En association avec le Printemps des Nefs, série de concerts organisés aux Machines de l’Ile de Nantes, le 30 mai était placé sous le signe de l’électro coréenne.
Dans des performances mêlant anglais et coréen, Fathamster et Kang New ont ouvert la soirée en beauté. Fort d’une créativité et d’une énergie à toute épreuve, le duo a su communiquer sa bonne humeur au public venu découvrir.

Après une courte pause pour se ressourcer, l’ambiance s’est transformée. Une fois le soleil couché et les lumières tamisées, place à 64ksana ! Ce trio énigmatique a fait vibrer le public à l’aide de ses morceaux électros directement inspirés des traditions chamaniques coréennes. Une rencontre musicale inattendue mais qui a su trouver son public sans aucune difficulté.

Divers ateliers pour les petits et les grands
En dehors des concerts et pour une immersion totale, il était possible de profiter de divers ateliers de différentes nature.
- L’écriture avec initiation au Hangeul (l’alphabet coréen) avec l’école coréenne de Nantes ou avec l’artiste Dahye Yum pour une approche plus ludique ;
- L’artisanat grâce à la découverte des teintures naturelles traditionnelles à l’indigo, création de son propre daenggi (ruban traditionnel) ;
- L’art à travers des ateliers de dessins de motifs traditionnels ;
- La gastronomie avec un atelier de réalisation de Kimchi (accompagnement à base de légumes marinés et fermentés).
Tout le monde y trouvait son compte !
Des expositions tout au long du festival
Lieu clé du festival, l’Espace Cosmopolis s’est transformé en musée le temps du mois de mai en accueillant en son sein une exposition venue tout droit du Musée coréen de la teinture naturelle. Retraçant l’histoire de la teinture naturelle, les diverses familles de colorants mais aussi les symboliques des diverses couleurs dans les traditions coréennes, cette exposition permettait de se plonger dans l’univers de cet artisanat unique au monde.
Les couleurs sont en effet porteuses d’une symbolique reliant la nature, les directions et l’être humain. Ainsi on retrouve :
- le bleu/vert : associé à l’Est, il symbolise la vie et le commencement ;
- le rouge : associé au Sud, il symbolise l’énergie et la passion ;
- le jaune : associé au Centre, il symbolise l’équilibre et la terre ;
- le blanc : associé à l’Ouest, il symbolise la pureté et l’accomplissement ;
- le noir : associé au Nord, il symbolise la profondeur et l’intériorité.
Le saviez-vous ?

L’Espace Cosmopolis accueillait également les travaux de trois artistes coréennes installées sur la métropole nantaise : Ouli Kim, Dahye Yum et Arum Han. Chacune apportant avec elle son univers et ses techniques, l’occasion était parfaite pour se plonger dans leurs mondes respectifs. Entre traditions, dialogue entre cultures et questions d’identité, plongez dans l’intimité dévoilée de ces trois artistes talentueuses.

Un final sous le signe de la K-pop
Depuis déjà 6 ans, le Kpop World Festival se tient à Nantes à l’occasion de la dernière journée du festival du Printemps Coréen. Cette compétition se tient dans plus de 70 pays avec le soutien du Centre Culturel Coréen et permet de désigner un vainqueur parmi les meilleurs danseurs de la région et au-delà. En 2025 par exemple, c’était le Noctambule Studio qui a réussi à faire chavirer les cœurs des jurys.
Cette année, 16 crews préselectionnés s’affrontaient dans une compétition intense mais une fois de plus, un seul a obtenu le titre de vainqueur dans l’ambiance enflammée du Stéréolux. Après plus de 3h de show, un nom restait sur les lèvres du public : Ineffable.
Remarquées grâce à leur représentation de ZOOM par BadVillain, elles ont su prouver leur talent en offrant une prestation énergique et sans faute. Profitant de leur victoire pour délivrer un discours sur la place de la femme noire et de sa représentation dans la société actuelle, c’est non sans émotion que les cinq jeunes femmes se sont emparées du trophée désormais leur.

A leurs côtés sur le podium : CWDT et 1THE7, deux autres crews tout aussi talentueux, ont respectivement remporté la deuxième et la troisième place.
Vous l’avez compris, ce festival était une riche occasion de profiter de concerts, spectacles et diverses autres activités pour découvrir divers aspects de la culture coréenne car la Corée ne s’arrête pas à la Kpop !
Impossible pour nous de tout résumer en un seul article, le mieux c’est de venir voir vous même non ?
On vous y croise l’an prochain ?
Retrouvez-les sur les réseaux !
Printemps Coréen : Instagram
Ineffable : Instagram
L’équipe de Kpop in Paris remercie chaleureusement l’association Printemps Coréen pour leur accueil et leur confiance.
Crédits photos : lmislive pour Kpop in Paris