Le 2 décembre, Sion a retrouvé son public parisien à La Communale de Saint-Ouen pour un show intimiste. Initialement prévu dans la salle Extra Ball, l’événement s’est finalement tenu dans Le Club, nouvel espace du lieu pouvant accueillir près de 250 personnes. Une jauge réduite, idéale pour un artiste dont la musique repose autant sur l’intensité sonore que sur la proximité de son public.
Après trois concerts européens l’an dernier, il revient cette fois, avec le double de dates et une assurance nouvelle, portée par eigensinn, son dernier projet. L’occasion idéale pour découvrir ses nouveaux titres en live seulement quelques semaines après leur parution.
Sion, un jeune talent en pleine ascension
Sion est un chanteur, parolier et producteur né en Allemagne et établi en Corée du Sud. Il a percé sur la scène musicale grâce à ses incroyables performances dans l’émission The Voice d’Allemagne (saison 10), où il a atteint les demi-finales.
Deux ans plus tard, en 2022, il signe au sein du label Beautiful Noise. Pour vous donner un ordre d’idée, il a été créé par Mommy Son (Mad Clown) et regroupe plusieurs artistes R&B et alternatifs de la nouvelle vague coréenne tels que Zior Park ou anciennement Wonstein.
La même année, Sion dévoile son premier EP Love, aux inspirations à la fois jazz, pop, hip-hop, soul et indie. Suivent Live (2023), Sociavoidance (2024) et enfin eigensinn (2025), tous affirmant pleinement sa signature sonore en évolution.
Sion : le prodige de l’hyperpop ?
Avec son dernier projet musical, Sion développe un univers singulier mêlant expérimentations électroniques, émotions brutes et esthétique futuriste typique du sous-genre musical hyperpop.
Ce style de musique se distingue par une combinaison d’expérimentations sonores liées à la culture du numérique : autotune exagérée, distorsions vocales, rythmes rapides, et une production électro-effervescente où les références musicales se mélangent, de la pop au métal, en passant par la trap et la musique électronique.
À travers des morceaux comme « Avoid2 », « Homes » ou encore « Karoshi », Sion plonge dans les méandres de l’anxiété collective d’une génération constamment connectée. Les jeunes d’aujourd’hui, plongés dès leur naissance dans un monde d’écrans et d’algorithmes, sont tiraillés par un mélange de fomo (peur de rater quelque chose), d’isolement et de pression sociale.
Le projet aborde la « fatigue numérique », un épuisement psychologique né de l’immense quantité d’informations et de l’omniprésence des réseaux sociaux.
Une énergie explosive en live
Dès les premières minutes, une lumière bleutée baigne la salle, fidèle à l’esthétique visuelle de la tournée. Le public se laisse de la place pour être libre de ses mouvements, pour circuler et danser.


Très vite, Sion casse les codes. Dès la deuxième chanson, il annonce : « la scène est assez petite pour que je puisse bouger ». Quelques secondes plus tard, il descend dans la foule. Le public s’écarte, forme un cercle autour de lui, et le concert prend une toute autre dimension. Il n’y a plus vraiment de scène, plus vraiment de distance : on vit tous le moment ensemble, au même niveau.
La première partie du concert est consacrée à l’intégralité d’eigensinn. Après une courte pause, Sion enchaîne avec des titres issus de Sociavoidance. Plus accessibles, plus doux, ils n’en restent pas moins très forts émotionnellement. Sa voix, moins transformée, sonne particulièrement juste et maîtrisée. Son grain si doux donne parfois des frissons, renforçant l’émotion des morceaux sans en faire trop.
Ce concert est aussi l’occasion pour Sion de proposer des nouveautés. Il a notamment joué trois remix (Collector, Avoid et Braindead) et deux nouvelles musiques en exclusivité : « Too Close » et « Relocate ».
Toujours plein d’énergie, il descend une nouvelle fois dans la fosse lors de « Frog », lance un moshpit et transforme la salle en un chaos. Le titre servira également d’ultime rappel, laissant le public aussi essoufflé que conquis.


Lorsqu’il revient à ses titres plus anciens comme « Knowledge Addict », « Grow and Fly », « Lies » ou « Dirt Cheap », la réaction est immédiate. Le public chante à pleins poumons du début à la fin, preuve que ces morceaux occupent toujours une place particulière dans le cœur des fans.
Une proximité rare
Le format très intimiste du concert donnait presque l’impression d’assister à un showcase. Même si le Q&A officiel était réservé au public VIP, tout le monde a pu, après le concert, échanger brièvement avec l’artiste pour une photo ou une dédicace. Les échanges sont rapides, mais sincères : il prend le temps d’écouter, demande les impressions et remercie chacun avec beaucoup de bienveillance.
Interrogé sur son évolution, il confie se sentir plus confiant et plus à l’aise que l’an dernier, ce qui en effet était perceptible tout au long du concert.
Lorsqu’on lui demande un mot en français, il répond simplement, avec un grand sourire : « merci beaucoup ! »
Un artiste à suivre de très près
Aujourd’hui, Sion apparaît plus sûr de lui que jamais, assumant pleinement son univers et sa place sur la scène coréenne alternative. Il est définitivement l’un des artistes les plus innovants et les plus prometteurs de sa génération.
Malgré un style musical encore niche, la musique de Sion trouve toute sa dimension sur scène. Ce live parisien l’a confirmé : son univers hyperpop, aussi avant-gardiste soit-il, touche profondément celles et ceux qui prennent le temps de s’y plonger.
Cette date parisienne a été bien plus qu’un concert : une véritable expérience immersive, qui montre un artiste en pleine ascension. Une chose est sûre, Sion évolue rapidement et mérite qu’on suive son parcours de près.
D’ailleurs, le 13 décembre, le remix hyperpop de « Braindead », intitulé « Braindead2 », est sorti sur les plateformes de l’artiste :
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Sion : Instagram
L’équipe de Kpop in Paris remercie chaleureusement Therapi Live pour l’invitation à l’événement.
Crédits photo : @clafoutisnubes et @therapy.live