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Vous n’avez pas encore vu La vie portera ses fruits ? Voici 5 bonnes raisons de la commencer cet hiver

폭싹 속았수다 traduit littéralement en dialecte de Jeju par quelque chose comme “Tu t’es fait avoir, mais complètement !”, ne pourrait être qu’un drama familial classique, mais elle joue sur plusieurs dimensions sociale tout en documentant la vie ordinaire. Si vous n’avez pas encore vu ce chef-d’œuvre joué par IU et Park Bo-Gum, ce drama va vous toucher et vous émouvoir.

La série raconte la Corée du Sud, sur plusieurs générations depuis les années 1960 jusqu’à aujourd’hui, en accéléré et depuis l’île de Jeju. Captivante,  on retrace la subtilité de l’existence et les défis de la vie à traverser constamment, entre le deuil, la réussite ou l’échec scolaire, le plafond de verre, le sacrifice, l’entraide et l’amour. Les joies du quotidien du printemps, n’effacent jamais les douleurs de l’hiver mais les apprivoisent. C’est précisément pour ça qu’elle se regarde en hiver, comme la douceur d’une boisson chaude sous un plaid et le réalisme d’un air glacial piquant les joues.

Voici 5 raisons d’aimer cette série.

1. Quand on ne naît pas dans une “bonne famille”

Le récit, au travers de chaque génération, expose une dure réalité : lorsque l’on naît pauvre, on ne peut avoir beaucoup de rêves ni beaucoup de moyens. C’est très imagé tout au long de la série mais un passage marquant lorsque le personnage de Geum-myeong exprime : “peut-être que Yeong-sim avait beaucoup de rêves parce que sa famille possédait une maison à Séoul”. Ce passage résume bien la façon dont tout le monde se bat pour se donner les moyens, mais que certains se battent d’autant plus, avec des armes en moins. Elle montre que le rêve n’est pas seulement une projection d’une envie mais une capacité sociale, et devient presque une action politique.

La série développe parfois de façon abrupte la violence de cette injustice, mais elle est aussi très bien contournée par l’entraide communautaire, la famille, les amis, les voisins qui sont toujours là pour se soutenir.

2. Une série qui brise les codes

Le cœur battant de la série est féminin, au travers du rôle de Oh Ae-Sun et de sa fille, Yang Geum-myeong, tous deux joués par IU. On observe une réelle transmission au travers des générations de femmes “fortes”, les mères sont prises dans les traditions, acceptent leurs conditions mais se battent pour que leurs filles en sortent. Ae-sun, en particulier, réussi à briser les imaginaires et les superstitions que leur communauté ont, comme par exemple le fait qu’une femme qui monte sur un bateau menace le destin des hommes.

Chaque revendication raconte un monde qui se déconstruit et un autre qui se tente, sans être forcément frontal, le féminisme est vécu quotidiennement et subtile. D’ailleurs, les personnages féminin ont leur manière propre de déjouer la féminité soumise à leurs devoirs tels que faire la vaisselle et manger avec les enfants.

3. L’amour familial comme moteur et parfois comme frontière.

La vie portera ses fruits montre la bonté parentale, parfois maladroite mais toujours touchante. Un aller-retour Séoul – Jeju pour voir ses proches une journée, vendre tout ce qu’on a pour aider ses enfants. Les sacrifices des uns et des autres, de générations en générations… Pour autant, on voit bien que l’amour familial n’est pas simple, et parfois devient une dette sociale. On reçoit tout mais on culpabilise de tout reçevoir, d’arracher les rêves de nos parents. De cette façon, la série nous explore les sacrifices et ses conséquences, sans jugements et avec une lucidité bouleversante. 

C’est d’ailleurs le personnage de Yeong-bom qui contraste d’autant plus, il est écrasé par une mère qui a transformé son fils en un prolongement de sa vie, tel le miroir de Geum-myeong, qui a cette éducation et cette possibilité de s’émanciper de ce qu’on attend d’elle. 

Ces deux personnages évoluant dans un relatif même contexte de sacrifice parental, pointe du doigt qu’un amour qui emprisonne et qui limite n’est plus de l’amour mais un contrôle.

4. Les violences invisibles, injustes et sous jacentes : les luttes de classe

En effet, la série réussit à amener, sans jamais romantiser ni dramatiser, la violence sociale. Le pouvoir, le rejet social, la corruption, sont toujours dans les détails :  des beignets offerts pour gagner une élection scolaire, les cours particuliers illégaux qui transforment une élève pauvre en coupable potentielle, les amitiés qui ne tiennent que si le statut est suffisant, les humiliations polies, les sourires qui excluent. La corruption est structurelle et bien ancrée, tout semble dépendre des relations ou de l’apport que l’on donne aux autres. Geum-myeong et sa mère naviguent dans ce monde en refusant certains compromis au prix d’une fatigue morale intense. Leur honnêteté est toujours fragile, constamment menacée par les autres mais surtout le système lui-même.

Un moment marquant de cette lutte de classe est lorsqu’une étudiante avance que “les mères pauvres qui perdent un enfant ne pleurent pas parce qu’elles sont moins civilisées”, démontrant une idéologie où l’extériorisation du malheur est un privilège que les plus pauvres n’ont pas le luxe d’avoir. La scène rappelle que la méritocratie n’est jamais neutre mais impose aux dominés une culpabilité et un poids permanent, n’être jamais suffisamment armés, suffisamment performants, ni jamais suffisants tout court. 

5. Un drama comme un musée, un mémoire historique de 4 générations

C’est l’un des points les plus précieux et significatifs, elle étend l’histoire d’une famille sur quatre générations. La série raconte la Corée du sud d’avant, pendant et après la modernisation rapide (1960’s à 2024). Entre les procédures, l’industrialisation, le numérique, les nouveaux métiers qui effacent les anciens, au détriment de l’humain qu’il y a derrière, les plus anciens habitués aux liens sociaux ne savent plus où se mettre. Cette rupture est presque cassante et remet en question un système de la rapidité alors que la série entière se concentre sur l’importance de l’humain et de nos proches.

La transmission et la vieillesse se retrouvent en marge vertigineuse car le monde change plus vite que soi.

Alors, pourquoi regarder et apprécier La vie portera ses fruits ?

Après le séisme que la série à fait en Corée du sud, elle est ce que peu d’œuvres osent faire. En observant la vie réelle de ses injustices, de ses chagrins, de ses rêves et promesses, de ses moments de joie ou de maladresse, le drama montre comment dans un parcours de résilience se trouve du bonheur dans les petites choses de la vie. 

Elle parle de pauvreté, de résilience, de féminité, de travail, d’amour imparfait, de classe sociale, de rêves dévorés par le réel. Mais elle parle aussi d’espoir, d’humour quotidien, de dignité, de communauté, de lumière.

Bien qu’en la regardant nous avons versé une (ou plusieurs) larme, cette série réchauffe, pique et donne de la matière à la réflexion. Elle vous accompagne longtemps après les derniers plans, comme une odeur de mandarine sur les doigts.


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Article par Ambre

KIP

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