Disponible sur Netflix depuis le 15 mai 2026, The WONDERfools est une série de 8 épisodes réalisée par Yoo In-sik (Extraordinary Attorney Woo) et écrite par Heo Da-jung (Extreme Job).
Menée par Park Eun-bin et Cha Eun-woo, elle nous transporte dans la petite ville de Haeseong à la veille du passage à l’an 2000. Alors que les habitants vivent au rythme des rumeurs de fin du monde, plusieurs individus développent soudainement des capacités surnaturelles. Ensemble, ils vont se retrouver mêlés à une affaire de disparitions inquiétantes dont les racines plongent au cœur d’une organisation sectaire.
En 2025, le film Hi-Five surprenait le public avec son mélange explosif de super-pouvoirs, d’humour absurde et de dérives sectaires. Derrière son apparente légèreté, le long-métrage explorait déjà la manière dont des individus ordinaires pouvaient être manipulés par la promesse d’un destin exceptionnel.
Un an plus tard, The WONDERfools reprend ces thèmes, mais dans un registre différent. Plus intime et davantage centrée sur ses personnages, la série transforme une intrigue fantastique en récit sur l’appartenance, la famille et la reconstruction.
Eun Chae-ni, l’étrange héroïne dont personne ne voulait
Au centre de la série, on a Eun Chae-ni, interprétée avec toute l’énergie et la sensibilité qu’on connaît à Park Eun-bin. Dans une ville où tout le monde se connaît, on la perçoit comme la fille un peu étrange du quartier. Impulsive, bruyante et souvent moquée, elle semble ne jamais réellement trouver sa place parmi les habitants de Haeseong.

Confrontée à une maladie cardiaque qui menace sa vie et privée de véritable famille en dehors de sa grand-mère, Chae-ni s’est construite une carapace faite d’humour et de provocation. Pourtant, derrière cette façade se cache un personnage profondément humain, animé par une immense envie de vivre.
Sa relation avec sa grand-mère Kim Jeon-bok, interprétée par la très célèbre Kim Hae-sook est au cœur de l’intrigue. Femme riche, autoritaire et surprotectrice, elle incarne à la fois la sécurité et l’étouffement. Derrière le cadre de vie qu’elle offre à sa petite-fille se cache une immense inquiétude de la perdre et un lourd secret.
De son côté, Chae-ni rêve de pouvoir explorer le monde, voyager et vivre autre chose que le quotidien du restaurant familial, mais sa grand-mère lui interdit tout écart. Jusqu’à ce que son (double) pouvoir n’apparaisse et lui offre la plus grande des libertés…
Du trio infernal au quatuor improbable
Si Chae-ni est le personnage principal, The WONDERfools fonctionne avant tout grâce à sa dynamique de groupe. Très vite, elle est rejointe par deux autres marginaux de Haeseong, formant un trio aussi dysfonctionnel qu’attachant.
D’un côté, Kyung-hun, un habitant connu de tous pour ses plaintes incessantes à la mairie, persuadé que personne ne l’écoute réellement. De l’autre, Ro-bin, le seul véritable ami de Chae-ni, celui qui reste à ses côtés malgré les moqueries et l’isolement dont elle est victime et inversement. Ensemble, ils incarnent une représentation de laissés-pour-compte que la société préfère ignorer.
Leurs pouvoirs, loin de les transformer en super-héros idéalisés, viennent surtout accentuer leurs failles. Incapables de les maîtriser correctement, ils enchaînent les maladresses et les situations absurdes, offrant à la série une bonne partie de son humour. Cette approche rappelle d’ailleurs Hi-Five, où les personnages devaient apprendre à vivre avec des dons aussi extraordinaires qu’encombrants.
Au-delà des scènes comiques, c’est surtout la relation qui se construit progressivement entre eux qui fait la force du récit. Chacun porte ses propres blessures : Chae-ni reste marquée par le harcèlement qu’elle a subi, Ro-bin lutte contre le sentiment de ne jamais être à la hauteur des attentes des autres, tandis que Kyung-hun est convaincu d’être devenu inutile aux yeux de la société et de sa femme.


Leur rencontre avec Lee Un-jeong, l’homme aux mystérieux pouvoirs bien maitrisés va les mener à enquêter sur les mystérieuses disparitions qui frappent Haeseong et sur l’origine de leurs nouveaux pouvoirs. Le groupe découvre également les agissements de « La Vie Éternelle », une véritable secte qui derrière ses promesses de protection et de survie au nouveau millénaire se cache une mécanique d’emprise inquiétante. Mais était-ce réllement judicieux de faire confiance à un inconnu ?
Lee Un-jeong, un leader malgré lui
Lee Un-jeong, fonctionnaire venu de Séoul, est à première vue l’exact opposé de Chae-ni. Rigide, méthodique et socialement maladroit, il semble peu enclin à s’intégrer dans cette petite communauté de marginaux qui gravite autour d’elle.
Derrière son apparence froide se cache un homme profondément marqué par son passé qui a appris à se protéger en repoussant les autres. Au contact de Chae-ni, Ro-bin et Kyung-hun, cette carapace commence peu à peu à se fissurer.
D’abord exaspéré par leur imprudence, il finit par développer un véritable attachement envers ce groupe improbable. Qu’il s’agisse d’amitié, de loyauté ou de sentiments plus ambigus envers Chae-ni, Un-jeong redécouvre progressivement des émotions qu’il s’était interdites depuis longtemps.
Hanté par la culpabilité, il s’est progressivement enfermé dans la solitude, persuadé qu’il ne méritait plus de s’attacher aux autres. Ce sont finalement les actions désintéressées de ses nouveaux compagnons qui lui permettent de retrouver peu à peu une forme de confiance, mais aussi d’espoir.

Son parcours prend une dimension encore plus tragique lorsque l’enquête révèle l’existence du Projet Wunderkinder. Derrière les phénomènes inexpliqués qui frappent la ville se cache en réalité une série d’expérimentations humaines menées par le scientifique Ha Won-do. Obsédé par l’idée de créer des êtres aux capacités extraordinaires et de percer le secret de la vie éternelle, celui-ci a transformé des enfants vulnérables en cobayes, laissant derrière lui de profondes cicatrices dont les conséquences continuent de se faire sentir dans le présent.
À mesure que les secrets du projet émergent, les liens entre Un-jeong, les survivants de ces expériences et la mystérieuse organisation deviennent de plus en plus évidents. Sans jamais sombrer dans la posture du héros providentiel, il se retrouve pourtant au centre d’un conflit qui le dépasse et dont les racines sont bien plus personnelles qu’il ne voudrait l’admettre.
Kim Pal-ho, un antagoniste né d’un manque de reconnaissance
Face aux héros se dresse Kim Pal-ho, incarné par Bae Na-ra. L’acteur poursuit ici son exploration de personnages marqués par un profond sentiment d’exclusion. Après son rôle de Na Baek-jin dans Weak Hero Class 2, où il incarnait déjà un jeune homme consumé par son besoin de contrôle et de reconnaissance, il livre une nouvelle performance tout en nuances.
Pal-ho n’a rien du méchant caricatural. Toute son existence semble avoir été guidée par une quête désespérée de validation. Ignoré, rejeté ou constamment comparé aux autres, il grandit avec la conviction qu’il doit mériter sa place et prouver sa valeur pour être aimé.
Cette faille le rend donc vulnérable à l’influence de Ha Won-do qui encore vingt ans plus tard, il appelle « papa » malgré tout ce qu’il a pu subir. Pal-ho ne recherche pas seulement l’approbation de Ha Won-do : il continue à espérer de lui une forme d’amour paternel qu’il n’a jamais réellement reçue. Derrière sa loyauté aveugle se cache un enfant abandonné qui refuse d’accepter qu’il ne sera probablement jamais reconnu à sa juste valeur.
Là où les Wonderfools trouvent dans leur différence une force collective, Pal-ho s’enferme dans le ressentiment et la frustration. Convaincu que le monde lui doit ce qu’il n’a jamais obtenu, il finit par considérer les autres non comme des alliés potentiels, mais comme des rivaux ou des obstacles à sa propre légitimité.

À travers Pal-ho, The WONDERfools montre comment le besoin humain d’être vu, aimé et valorisé peut parfois conduire à des choix tragiques. Cette complexité donne une véritable dimension émotionnelle à l’antagoniste et évite le piège du simple affrontement entre le bien et le mal.
Une aventure aussi drôle que touchante
À travers son mélange de comédie, d’action et de fantastique, The WONDERfools aborde également des thèmes plus universels : les mécanismes d’emprise sectaire, la manipulation par la peur, la fascination pour l’immortalité ou encore les dérives scientifiques lorsque la quête de perfection prend le pas sur l’éthique.
Face à eux, les membres de la secte poursuivent exactement la même chose : un sentiment d’appartenance, une raison d’avancer, l’espoir d’être enfin reconnus. Ce parallèle donne justement toute sa force à la série. Les pouvoirs surnaturels ne deviennent jamais une fin en soi ; ils révélent des blessures, des désirs et des manques de chacun.
Dans The WONDERfools, ce sont ceux qui ont accepté leur passé, compris leurs blessures et trouvé une raison de mettre leurs capacités au service des autres. À l’inverse, ceux qui cherchent uniquement le pouvoir pour combler un vide finissent par s’y perdre.
Portée par un casting particulièrement attachant, une excellente alchimie entre ses personnages et un équilibre réussi entre humour, émotion et mystère, la série nous rappelle que les véritables héros ne sont pas ceux qui possèdent des pouvoirs extraordinaires, mais ceux qui choisissent ce qu’ils en font.
Derrière les « wonder », ces merveilles que représentent les pouvoirs, il y a surtout les « fools », ces marginaux maladroits, imparfaits et souvent ridicules que personne ne prend au sérieux. Pourtant, ce sont ces « merveilleux idiots » qui finissent par sauver les autres. Une définition finalement assez juste des héros de Haeseong.
En bref, c’est une série aussi divertissante qu’émouvante, dont la conclusion laisse entrevoir de nombreuses possibilités pour une éventuelle suite !
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