Le vendredi 23 octobre 2026, Tabber retrouve son public parisien pour une date particulièrement attendue de sa tournée « Modern Goth ».
Deux semaines seulement après la sortie de son nouvel EP, l’artiste sud-coréen monte sur la scène de l’Alhambra pour présenter une nouvelle facette de son univers, plus sombre, plus affirmée et résolument alternative. Un rendez-vous qui affichait complet et promettait déjà une soirée mémorable.
Après un premier passage aux côtés de Rad Museum en 2023, puis une tournée avec Miso en 2024, Tabber revient cette fois en tête d’affiche pour un show entièrement consacré à sa musique.
L’occasion de découvrir pour la première fois en France les titres de « Modern Goth« , mais aussi d’entendre des morceaux rarement, voire jamais, interprétés lors de ses précédentes visites, à commencer par le très attendu ‘2049’.
Une attente à la hauteur de l’événement
Malgré une météo automnale peu clémente, entre pluie et rafales de vent, les fans n’ont pas hésité à se présenter devant l’Alhambra dès les premières heures de la journée. Numérotation pour organiser la file d’attente, drapeau à signer, cadeaux préparés pour l’artiste et distribution de freebies : bien avant l’ouverture des portes, le concert était déjà devenu un véritable moment de rassemblement.
Trois catégories de billets permettaient d’accéder à la salle : VIP, Early Entry et General Admission. Les premiers, accueillis dès 17h30, bénéficiaient d’une photo individuelle avec Tabber et d’un accès privilégié au soundcheck prévu à 19h.
Pour cette première rencontre avec son public, Tabber apparaît dans une tenue gorpcore, celle qu’il porte également lors des photos VIP. Un maquillage encore discret et des gants imprimés de mains squelettiques complètent son look. À peine a-t-il commencé à parler que les acclamations retentissent déjà, accompagnées des traditionnels popolopopopopo lancés par les fans français.
L’artiste interprète alors trois morceaux : ‘Honey!’, ‘Legend’ et ‘Last Long’. Un avant-goût de la soirée, dans une configuration plus intimiste, sans pit, où la proximité avec les spectateurs contraste avec l’intensité du spectacle qui les attend quelques heures plus tard.
Mais cette tournée possède une autre particularité : Tabber est accompagné du guitariste Kwak (곽의정), également impliqué dans la composition et les arrangements de plusieurs titres de « Modern Goth ». Sa présence permet de prolonger sur scène les nouvelles ambitions musicales de l’artiste et une place grandissante accordée aux sonorités rock et aux guitares électriques.
Après l’entrée des détenteurs de billets Early Entry à 19h15, puis du public général à 19h30, la salle se remplit progressivement. À 19h50, il est enfin temps de découvrir la première partie.
Ezra Wood : une entrée en matière délicate
Avant de plonger dans l’univers sombre de Tabber, c’est Ezra Wood qui prend possession de la scène pour une trentaine de minutes. Accompagné de Pearl à la guitare et de Kai Carter aux percussions, l’artiste, lui-même installé derrière son piano numérique Korg, propose une performance aux sonorités groovy et délicates.


Loin de chercher à faire monter immédiatement la tension, le trio privilégie une ambiance chaleureuse et sensuelle, portée par des rythmes entraînants. La guitare apporte une douceur presque feutrée aux compositions, tandis que les percussions et les synthétiseurs leur donnent suffisamment de relief pour entraîner progressivement le public.
L’ensemble des morceaux interprétés sont encore inédits. Une façon plutôt originale de se présenter à un public qui découvre, pour beaucoup, sa musique directement sur scène. Sans titres déjà connus auxquels se raccrocher, les spectateurs se laissent simplement porter par les mélodies. Cette demi-heure permet ainsi de découvrir une identité musicale qui trouve naturellement sa place dans l’univers du R&B alternatif de Tabber.
Tabber : entre ombre et lumière
Une fois la performance terminée, les instruments sont retirés de la scène. L’ambiance change progressivement et l’impatience commence à se faire sentir. Les regards se tournent vers les téléphones : 20h30, puis 20h31. Les lumières s’éteignent et soudain, tout commence.
Derrière une toile installée en fond de scène, une silhouette apparaît au rythme des flashs lumineux. À peine visible entre deux éclairs de lumière, Tabber entre en scène le visage dissimulé derrière un masque.


Pour les fans qui avaient suivi les premières étapes de la tournée européenne, la surprise est de taille. Depuis Varsovie, où il avait porté son masque, puis Londres, Amsterdam et Berlin, où son maquillage inspiré de ‘New Moon’ avait particulièrement marqué les esprits, une question revenait : quelle apparence allait-il choisir pour Paris ? Finalement, les Français auront droit aux deux.
Les premières notes de ‘Smokey Eye’ résonnent et plongent immédiatement l’Alhambra dans l’univers de « Modern Goth ». Puis, Tabber poursuit avec ‘Modern Goth’, morceau éponyme de son nouvel EP, avant d’enchaîner sur ‘Fashion Faux Pas’. Le masque accentue alors la dimension mystérieuse de cette nouvelle identité, laissant à sa gestuelle et à sa voix toute la place pour s’exprimer.
Vient le moment tant attendu. Tabber retire son masque, révélant un maquillage noir aux contours dégoulinants, fidèle à l’esthétique de ‘New Moon’. Les cris redoublent immédiatement. Et plutôt que de poursuivre sur un autre morceau, il relance ‘Fashion Faux Pas’ une seconde fois, cette fois à visage découvert.
Un répertoire familier, une énergie nouvelle
Après cette ouverture particulièrement intense, ‘Legend’ permet de retrouver une facette légèrement plus douce de l’artiste. Le morceau, davantage tourné vers l’atmosphère et les instruments, marque une première respiration avant que Tabber ne s’adresse véritablement à son public.
Il se présente, échange quelques mots avec la salle et reçoit en retour une nouvelle vague d’acclamations. Un accueil qui semble lui donner encore davantage d’assurance pour la suite du concert.
La setlist revient ensuite sur « Madness Always Turns to Sadness », son projet sorti en 2023, avec ‘Healing Killing’, ‘Baby Doll’ et ‘Shut the Fuck Up, That’s Mine’. Le contraste avec les morceaux précédents permet de retrouver un R&B plus familier, mais toujours traversé par cette énergie brute qui caractérise l’interprétation de Tabber.
Sur scène, l’artiste semble particulièrement à l’aise. Sa gestuelle est assurée, ses déplacements spontanés et son rapport au public beaucoup plus direct. Dès les premières secondes de ‘Shut the Fuck Up, That’s Mine’, les encouragements « Go Tabber » se transforment même en « Ouais Tabber », scandés au rythme de la musique tandis qu’il chante devant son micro installé sur pied.
Une complicité grandissante entre Tabber et son public
Avec ‘007’, cette complicité atteint un autre niveau. Le titre est repris en chœur du début à la fin par une salle particulièrement investie. Pourtant, Tabber l’a déjà interprété à plusieurs reprises dans la capitale, mais cette fois, son attitude diffère : plus joueur, plus proche de la fosse, il multiplie les interactions et semble profiter pleinement de cette énergie collective.
La chanson ‘Bébé’, sa collaboration avec SUMIN, apporte ensuite une autre couleur à la soirée. Plus délicat, le morceau laisse ressortir la sensualité de sa voix et la douceur de ses mélodies. Un moment rendu encore plus singulier lorsqu’un fan lui tend un bouquet de fleurs. Tabber l’accepte et poursuit près de la moitié de la chanson avec les fleurs à la main, avant de les déposer pour continuer sa performance.
À la voix de SUMIN succède celle de Baek Yerin avec la chanson ‘Being’. Deux collaborations qui rappellent l’aisance avec laquelle Tabber évolue au sein du R&B alternatif coréen, entouré d’artistes aux sensibilités musicales fortes et complémentaires.
Les paroles continuent d’être reprises en chœur, puis arrive enfin l’un des moments les plus espérés de cette tournée : ‘2049’. Présent sur son tout premier projet, « Deep End Mixtape » (2020), ce morceau occupe une place particulière dans sa discographie et dans le cœur de ses fans. Longtemps absent de ses performances parisiennes, il trouve enfin sa place dans la setlist de cette tournée, pour le plus grand bonheur de celles et ceux qui espéraient l’entendre en live depuis des années.


Avec ‘Look At My’ et ‘Electric Animal’, l’ambiance devient plus sombre, les sonorités plus agressives et la performance nettement plus physique. Tabber traverse la scène d’un bout à l’autre, saute, danse et joue avec les changements de rythme. La présence de la guitare live accentue cette dimension plus brute de sa musique et donne aux morceaux une intensité différente de leurs versions studio.
Paris célèbre une nouvelle ère
Impossible d’imaginer un concert de Tabber sans ses incontournables. ‘Like A Vampire’ et ‘Honey!’, deux titres emblématiques de ses débuts, viennent rappeler le chemin parcouru depuis son premier album. L’accueil qui leur est réservé confirme qu’ils conservent une place privilégiée auprès du public, même plusieurs années après leur sortie.
‘Wake Up’ poursuit cette dernière partie du concert avant que l’artiste ne prenne de nouveau la parole. Visiblement heureux de l’accueil parisien, Tabber remercie les spectateurs pour leur enthousiasme et rappelle que, peu importe qu’ils suivent sa musique depuis longtemps ou qu’ils l’aient découverte ce soir-là, l’essentiel reste de profiter du moment et de passer une bonne soirée ensemble.


Mais avant de se quitter, il reste encore un moment important. Avec ‘New Moon’, le show retrouve toute l’esthétique sombre et cinématographique qui accompagne cette nouvelle étape de sa carrière. Les flashs lumineux, dominés par un blanc éclatant qui tranche avec l’obscurité de la scène, recréent une atmosphère proche de celle de son clip.
Les effets de lumière épousent les variations du morceau, accentuant son caractère presque hypnotique. À la fois dramatique et immersif, ce passage donne véritablement l’impression d’être plongé dans l’univers visuel construit par Tabber autour de sa nouvelle musique.
Pourtant, la soirée ne s’arrête pas là. ‘Fashion Faux Pas’ retentit une troisième fois, comme un dernier appel à profiter de l’instant. Et c’est finalement ‘Modern Goth’ qui vient clôturer la performance, ramenant le public au point de départ de cette expérience. Un final cohérent avec la construction du concert.
Avant de quitter définitivement la scène, l’artiste prend le temps d’immortaliser la soirée avec une photo collective, rejoint notamment par Ezra Wood. Un dernier moment de partage qui s’accompagne d’un cadeau particulièrement parisien : un maillot du Paris Saint-Germain personnalisé avec l’inscription Modern Goth 2 Paris. Un clin d’œil amusant à son « univers et aux références vestimentaires françaises déjà présentes dans sa musique « vêtements de Paris » dans ‘Adrenaline’.

Cette date parisienne restera surtout marquée par l’évolution scénique de Tabber. Plus confiant, plus expressif et visiblement plus libre dans sa manière de performer, l’artiste semble avoir trouvé un univers dans lequel il peut pleinement s’épanouir. L’apport de la guitare live, les choix de mise en scène et la construction d’une setlist traversant plusieurs périodes de sa discographie donnent une nouvelle profondeur à ses morceaux.
De l’attente devant l’Alhambra aux derniers instants du spectacle, les fans français ont répondu présents, chantant aussi bien les nouveaux titres que ceux de ses débuts. Après plusieurs passages parisiens partagés avec d’autres artistes, Tabber a cette fois prouvé qu’il pouvait porter seul une soirée entière, sans jamais perdre l’attention ni l’enthousiasme de la salle. Et surtout, que son univers, aussi sombre et expérimental soit-il, prend une dimension encore plus captivante lorsqu’il se vit sur scène.
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L’équipe de Kpop in Paris remercie chaleureusement Therapi Live pour l’invitation à l’événement.
Crédits photo : @Sorayaspov pour Kpop in Paris, photos personnelles de la rédactrice et réseaux officiels de l’artiste