Quelques mois après avoir clôturé sa première tournée européenne, le groupe XLOV a fait son retour le 27 Mai 2026 avec son tout nouvel EP intitulé I,God. Ce nouveau projet dévoile XLOV sous un jour puissant et affirmé, affinant davantage leur identité artistique après leur précédent mini-album UXLXVE, sorti en novembre 2025.
Ainsi, l’équipe de Kpop in Paris vous propose de revenir pas à pas sur I,God, un nouveau projet unique et impactant !
Une esthétique riche et élégante
Là où UXLXVE nous a permis de découvrir l’identité artistique de XLOV dans les grandes lignes, I,God propose un concept encore plus poussé et assumé. Connus pour leur univers genderless, c’est-à-dire non-genré, XLOV poursuivent leur bout de chemin. Bien loin d’un coup de marketing pour faire parler d’eux, cet univers genderless va au-delà d’un simple concept visuel. XLOV prouve au monde que l’amour et la beauté peuvent dépasser la frontière du genre, bien loin des idées reçues. De cette façon, leur nouvel EP I,God embrasse, une fois de plus, cette identité artistique à merveille.

Si I,God s’ancre dans une continuité cohérente après UXLXVE, c’est aussi grâce à son esthétique visuelle évolutive. Dans ce nouveau projet, les visuels sont sophistiqués, glamour et chargés, s’inspirant grandement des codes queer. Les membres s’amusent avec des tenues, des maquillages et des coiffures originales et assumées, confirmant leur forte identité. Plus globalement, l’esthétique générale de I,God semble plus mature, plus aboutie, et surtout plus puissante. Nous sentons que le groupe a pris davantage confiance en son univers et en son impact.
A l’image des photos concept, le clip vidéo de la chanson titre de l’EP ‘SERVE’ est plus qu’excellent. Entre glamour et élégance, XLOV brillent de mille feux dans ce clip. La colorimétrie utilisée dans celui-ci crée une atmosphère presque royale, parfaite pour le côté sophistiqué recherché à travers ce comeback. Impossible de parler du clip de ‘SERVE’ sans parler de la présence de l’actrice Han So-hee dans celui-ci, qui n’a échappé à personne. Alors qu’elle semble complètement désespérée, le groupe lui offre son énergie pour l’aider et la guider. Tel des dieux, XLOV prennent soin de Han So-hee et tentent de lui redonner confiance. Étant l’une des actrices les plus populaires de sa génération, sa présence aux côtés de XLOV est un grand pas pour le groupe, qui peut désormais se permettre de rêver plus grand.

Toujours dans une cohérence visuelle irréprochable, la pochette de I,God s’ancre à merveille dans le concept de l’EP. Très certainement dessinée et imaginée par le leader et producteur du groupe Wumuti, la pochette est à la fois pleine de finesse et de fierté, à l’image de ce que le groupe souhaite exprimer avec ce comeback. S’il fallait la résumer en un mot, l’esthétique visuelle de I,God se définirait certainement par l’élégance.
Pourtant, malgré la beauté des différents visuels de ce comeback, certains fans du groupe ne peuvent nier leur déception quant à l’usage de l’intelligence artificielle. Déjà accusé de l’avoir utilisé pour le clip vidéo de ‘Rizz’ il y a six mois, l’histoire se répète avec I,God. En effet, le groupe a très certainement eu recours à l’intelligence artificielle pour la création des posters promotionnels de l’EP. Rien n’a été confirmé à ce jour, mais son utilisation semble flagrante. L’agence de XLOV est probablement la responsable du problème, mais pour autant, les fans ne peuvent s’empêcher de s’inquiéter, une fois encore, à ce sujet. Même si cela ne constitue qu’un détail au milieu de tous les visuels mis en place pour I,God, cette histoire soulève un problème plus large dans la Kpop : jusqu’où les agences vont-elles aller pour faire du profit grâce à l’intelligence artificielle, et ce au détriment d’artistes qualifiés ? En attendant, espérons que l’agence de XLOV tirera les leçons de cette controverse.
De nouveaux titres assumés
L’EP I,God contient six titres, pour une durée d’écoute totale de 16 minutes et 02 secondes. Comme à son habitude, le leader Wumuti a participé à la production et à la composition de chaque morceau de l’EP, à l’exception de ‘Masterpiece’. Toujours dans une ambiance charismatique affirmée, revenons sur chaque piste de l’album !
‘法則:THE RULES’
Explorant des sonorités jazz à la fois sombres et cinématographiques, ‘法則:THE RULES’ introduit l’EP de façon solide. L’auditeur est immédiatement plongé dans un univers mystérieux et glamour, presque théâtral. Le titre laisse aisément place à l’imagination, de quoi confirmer son impact en tant qu’ introduction de l’album.
‘SERVE’ (titre principal)
Après une introduction dans laquelle les membres se dévoilent mystérieusement, ‘SERVE’ agit comme une entrée en scène fulgurante. Digne d’un véritable défilé de mode, le morceau explore des sonorités house modernes, mais aussi pop. Plus largement, les influences de la communautés queer sont omniprésentes dans ‘SERVE’, sujet que nous creuserons davantage dans la suite de l’article.
Comme l’exprime déjà à merveille la production de la chanson, ‘SERVE’ est une invitation à la confiance en soi. L’amour de soi est désormais au centre, poussant l’auditeur à ne pas avoir peur de briller. Au contraire, ‘SERVE’ encourage à s’assumer pleinement. Pour de nombreux EVOLs, fan de XLOV, cette chanson est digne d’un véritable hymne pour le mois des fiertés.
‘Extancy’ (Wumuti&Rui)
Dans ce titre, les membres Wumuti et Rui se réunissent pour un duo des plus brillants. ‘Extancy’ est un morceau mêlant house, techno et hyperpop, et ce dans une ambiance luxueuse et glamour.
Dans la continuité de ‘SERVE’, ‘Extancy’ parle avant tout de confiance. Le narrateur semble prendre conscience de son éclat, désormais prêt à rayonner. Le morceau agit comme une sorte de renaissance personnelle, où l’individu cesse d’enfouir son identité. Par ailleurs, le mot anglais “extancy” désigne l’état dans lequel on se trouve lorsque l’on se hisse au-dessus des autres, ce qui s’ancre à merveille dans le message que souhaite véhiculer la chanson.
‘BACK 2 BACK’
Une énergie badass est ensuite mise à l’honneur dans ‘BACK 2 BACK’, un morceau aux influences hip-hop sombres. Loin du glamour et des paillettes, l’ambiance qui s’émane du titre est plus directe, plus compétitive, avec une production répétitive rappelant celle de ‘Dirty Baby’ (UXLXVE, 2025).
Vous l’aurez compris, le message de ‘BACK 2 BACK’ s’axe davantage sur la fierté liée à la réussite. Pour autant, la confiance en soi est toujours au centre du propos, mais cette fois-ci avec une attitude plus arrogante. Le groupe décline simplement le message de confiance qu’il souhaite véhiculer sous différentes formes, le rendant ainsi plus profond, tout en gardant en cohérence.
‘HIPS’ (Hyun&Haru)
Le cinquième morceau de l’EP réunit les membres Hyun et Haru pour un duo charismatique. A la fois sensuel et badass, ‘HIPS’ mêle hip-hop et RnB, tout en mettant en valeur les qualités de rappeur des deux membres. Par ailleurs, la production du titre rappelle grandement celle de leur chanson ‘BIZNESS’ (I One, 2025).
‘HIPS’ se centre sur l’expression du corps, lorsque bouger ses hanches devient un symbole de pouvoir. Les membres embrassent leur sensualité sans se soucier des jugements extérieurs, et nous invite à faire de même. Ici, le corps devient un outil de confiance en soi.
‘Masterpiece’
Le mini-album se clôture en beauté grâce à ‘Masterpiece’, une chanson pop lumineuse. Très funky et joyeuse, l’ambiance positive du titre semble être le résultat de toute la confiance accumulée depuis le début de l’EP. Après avoir montré leur valeur au monde, les membres peuvent désormais se réjouir d’être qui ils sont.
Toujours dans la même démarche, le groupe s’expose plein de confiance et d’énergie dans cette dernière chanson. Les membres ont conscience de leur beauté et l’assument, se décrivant d’ailleurs comme des “chef-d’oeuvres” (“masterpiece” en anglais). Une belle note positive pour terminer l’album !
Avec I,God, XLOV explorent des sonorités musicales variées, offrant un projet global riche et conceptuel. L’ambiance est immersive, travaillée et sophistiquée, mais aussi plus mature que dans leurs précédentes sorties. Car cette fois-ci, l’amour de soi est au centre de l’EP, comme le suggère le titre de celui-ci “I, God” (en français : “Moi, dieu”), agissant comme un réel symbole de confiance. On sent que le projet est abouti, mettant en lumière un nouvel aspect de XLOV. Pour autant, le mini-album conserve des productions similaires à ce qu’ils ont déjà proposé dans le passé, ce qui crée un parfait équilibre entre leur évolution musicale et ce que l’on connaît déjà d’eux.
Les codes queer au centre de l’EP
De par leur univers genderless, XLOV reprennent naturellement certains codes de la communauté queer depuis le début de leur carrière. Pourtant, avec I,God, les références et inspirations de la communauté sont ouvertement mises en valeur, et c’est ce que nous allons analyser.
En effet, nous retrouvons dans la chanson titre de l’EP ‘SERVE’ une forte influence de la ballroom culture.
Pour le contexte, le ballroom ou la ballroom culture est une culture artistique centrée sur la mode, la danse, ou plus globalement la performance. Née dans les communautés LGBTQ+ noires et latino-américaines à New York au cours du 20ème siècle, la ballroom culture a vu le jour en réponse à une forte exclusion sociale. Discriminées dans la société à cause de leur orientation sexuelle ou identité de genre, et fréquemment marginalisées dans les milieux LGBTQ+ de l’époque majoritairement blancs, ces communautés ont décidé d’organiser leurs propres événements. Grâce à cela, elles étaient libres d’exprimer leur créativité à travers la mode, la danse et la performance. Le ballroom n’a pas simplement été créé pour défiler, mais surtout pour construire un espace où les personnes marginalisées peuvent exister et être admirées librement.

On constate donc une forte influence de la ballroom culture dans ‘SERVE’, que ce soit dans l’esthétique, la chorégraphie ou encore dans le vocabulaire utilisé. Digne d’un véritable défilé de mode, ‘SERVE’ est une chanson créée pour se mettre en valeur et s’assumer.
De la même façon, XLOV utilisent le voguing dans la chorégraphie du titre, une danse née dans les ballrooms. Face à l’exclusion sociale, le voguing a permis aux communautés LGBTQ+ de l’époque d’exprimer les émotions qui les submergent, à travers des mouvements faisant référence aux poses des mannequins du magazine de mode Vogue. Emblématique de la communauté queer, le voguing diffuse un message d’expression fort, c’est pourquoi son utilisation dans ‘SERVE’ n’est pas anodine.
De la même façon, le mot “serve” lui-même est un terme très fréquemment utilisé dans la culture ballroom et drag, au même titre que “slay”. L’expression “to serve” signifie performer avec assurance et impact, ou encore exprimer une énergie forte avec confiance. Ainsi, le simple fait d’avoir nommé la chanson titre de leur EP ‘SERVE’ est un réel symbole de reconnaissance des communautés queer. Dans une société coréenne encore conservatrice, le fait que XLOV utilisent les codes de la ballroom culture est un message politique et libérateur direct.
Plus simplement, sortir une chanson comme ‘SERVE’ à la fin du mois de mai, juste avant le mois des fiertés, n’est probablement pas un hasard. L’univers global de I,God est élegant, glamour et chargé, mais c’est surtout l’utilisation assumée des codes queer qui rend le projet aussi impactant.
Une singularité puissante

Avec I,God, XLOV poussent leur créativité à son maximum, offrant un projet extrêmement cohérent. Leur musique évolue, tout comme leur esthétique. Peu à peu, l’identité générale du groupe s’affine, et c’est pour le plus grand plaisir des EVOLs.
En effet, malgré les inquiétudes des fans après le rachat de l’agence du groupe, 257 Entertainment, par RBW Entertainment en mars dernier, XLOV sont finalement revenus sans encombre. Cette acquisition aurait pu impacter la liberté artistique du groupe, mais heureusement, cela n’a pas été le cas.
XLOV confirment leur singularité avec ce comeback, marquant davantage les esprits grâce à leurs chansons affirmées et leur univers glamour.
Article par Anaïs.
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