Kpop & Culture Queer : Les visages de la représentation

Pendant plusieurs années, il était presque impensable que des artistes de la scène Kpop fassent leur coming out, ou bien de les voir tenir les rôles principaux de séries Boys Love. En effet, face à une société sud-coréenne conservatrice, les représentations LGBTQ+ ont longtemps été absentes de son paysage médiatique. Mais année après année, les représentations LGBTQ+ se sont progressivement imposées dans le monde du divertissement coréen, portées par un public international souhaitant davantage d’inclusivité.

Des artistes qui ont libéré la parole queer, au succès grandissant des dramas BL et GL, en passant par les nombreux alliés qui ont choisi d’apporter leur soutien à la communauté, la société coréenne se transforme petit à petit. 

À l’occasion du mois des Fiertés, l’équipe de Kpop in Paris a préparé deux articles mettant à l’honneur la communauté LGBTQ+ ! D’un côté, un article centré sur la place des codes queers dans la sphère Kpop déjà disponible ici, et de l’autre un second article sur les représentations concrètes de la communauté queer dans la Kpop.

Maintenant, revenons pas à pas sur celles et ceux qui ont contribué à l’évolution des représentations LGBTQ+ dans la pop culture coréenne ! 

Quand les artistes brisent le silence

Année après année, les représentations LGBTQ+ gagnent en visibilité dans la Kpop. Malgré une industrie particulièrement exigeante et soucieuse de contrôler l’image de ses artistes, certains ont choisi de briser le silence. Ainsi, il est essentiel de mettre en lumière ces personnalités ouvertement queers, dont la visibilité constitue un réel symbole d’évolution des mentalités.

Années 2000 : Les précurseurs

De gauche à droite de haut en bas : Ha Ri Su, Lady, Hong Seok-chon, Choi Han-bit

La Corée du Sud étant encore aujourd’hui considérée comme un pays conservateur quant aux questions LGBTQ+, il va de soi que la situation était loin d’être rose dans les années 2000. A cette époque, les représentations queers étaient rares, et souvent accompagnées de scandales et de controverses

Ha Ri Su, de son vrai nom Lee Kyung-eun, est probablement l’une des figures LGBTQ+ les plus incontournables de l’époque. Chanteuse, actrice et mannequin sud-coréenne, elle devient l’une des premières célébrité transgenre en Corée du Sud. Elle débute officiellement en 2001, ce qui est historique pour l’époque. Inspiré par sa carrière encore émergente à ce moment-là, le groupe de Kpop Lady, composé de quatre membres transgenres, voit le jour en 2005. Bien qu’il soit très souvent oublié encore aujourd’hui, Lady est le premier groupe entièrement constitué de membres transgenres, illustrant une forme de visibilité inédite à cette époque là en Corée du Sud. Malheureusement, la réalité du contexte social rattrape le groupe et se sépare en 2006, suite aux nombreux commentaires transphobes des internautes. Lady reste pour le moins un groupe historique, ayant ouvert la voie à de futurs artistes.

De la même façon, la chanteuse, actrice et mannequin sud-coréenne Choi Han-bit a, elle aussi, eu un parcours pour le moins impactant. Elle change légalement de genre en 2006, avant de participer à un concours de modèle très populaire en Corée du Sud trois ans plus tard, duquel elle termine finaliste. Un symbole fort pour une personnalité trangenre, surtout en 2009. Choi Han-bit intègre même le girlgroup Mercury en 2016, confirmant son impact en tant que pionnière des représentations transgenres.

Impossible de parler des pionniers sans mentionner Hong Seok-chon, acteur et animateur sud-coréen. Bien qu’il ne fasse pas partie du monde de la Kpop, Hong Seok-chon a été la première célérité sud-coréenne à faire son coming out gay, en 2000. Il est revenu sur le sujet en 2020, révélant avoir tenté d’en finir après son coming out, tant les critiques étaient vives. Tous ses projets d’acteur ont été supprimés à la demande des internautes, ce qui lui a demandé plus de trois ans de pause avant de revenir sur le devant de la scène. Sa lourde histoire nous rappelle le prix que coûtait une telle déclaration dans les années 2000. 

Malgré ces figures LGBTQ+ tout juste émergentes, elles étaient déjà jugées, critiquées, et surtout marginalisées pour ce qu’elles étaient. A l’époque, assumer son identité constituait une prise de risque réelle et mettait presque toujours fin à une carrière, c’est pourquoi ces représentations queers sont très importantes dans l’histoire LGBTQ+ de la Corée du Sud.

Années 2010 : Des artistes en marge du système

De gauche à droite et de haut en bas : Holland, MRSHLL, Som Hein, Navinci

Même s’il reste rare de voir des artistes sud-coréens évoquer leur orientation sexuelle ou leur identité de genre dans les années 2010, on constate une réelle évolution des prises de parole. Portée par l’internationalisation de la Kpop, les mentalités progressent et de plus en plus d’artistes s’expriment ouvertement sur le sujet. 

En 2018, Holland fait ses débuts avec la chanson ‘Neverland’, devenant l’un des premiers artistes de la scène Kpop ouvertement gay dès le lancement de sa carrière. En effet, son premier clip présente une relation amoureuse entre deux hommes, devenant ainsi un réel symbole de représentation queer dans l’industrie.

De la même façon, l’artiste indépendant coréano-américain MRSHLL se déclare gay dans une interview dès 2015, tandis que la chanteuse Som Hein, connue pour son apparition dans le survival show Idol School, se déclare bisexuelle en 2019. Navinci quant à lui, ex-membre du boygroup Topp Dogg, fait son coming out asexuel durant un live Instagram en août 2017, avant d’annoncer être aromantique en décembre de la même année. 

Si ces représentations restent peu nombreuses, elles témoignent d’une évolution progressive. Contrairement aux précurseurs des années 2000 qui étaient souvent mis à l’écart, cette nouvelle génération bénéficie d’un soutien croissant de la part des fans internationaux. Pour autant, cette évolution ne signifie pas que les risques ont disparu, car à ce moment-là, les droits des communautés LGBTQ+ stagnent toujours en Corée du Sud. Par ailleurs, être un artiste queer dans ce pays signifie presque systématiquement être en retrait de l’industrie de la Kpop. Car si le public international apporte généralement son soutien à ces personnes, ce n’est pas le cas des fans ou des grandes agences sud-coréennes. Ainsi, lorsque ces artistes font ouvertement leur coming out malgré une société fermée, ils mettent également en péril leur avenir professionnel.

Années 2020 : Des représentations plus assumées

De gauche à droite et de haut en bas : Bain, Aquinas, Jiae, Cocona, Cherry, Lara

Si les figures queers demeurent minoritaires dans le monde la Kpop, les années 2020 marquent un réel tournant dans leur visibilité. Sans pour autant faire disparaître les critiques et réticences des internautes, cette nouvelle décennie offre davantage l’occasion aux artistes queers de s’affirmer

En 2025, le membre Bain du groupe JUST B annonce être fier de faire partie de la communauté LGBTQ+ en tant que personne gay, lors d’un concert à Los Angeles. Il est ainsi devenu le premier idol au sein d’un boygroup encore en activité à faire son coming out, une annonce saluée par de nombreux fans à travers le monde. De la même façon, le rappeur indépendant Aquinas, notamment connu grâce à l’émission High School Rapper 3, a fait son coming out bisexuel en 2021, avant de faire son coming out gay trois ans plus tard, en 2024. L’ex-membre de 2AM Jo Kwon a également déclaré s’identifier “sans genre” en 2020, ouvrant la voie à d’autres artistes comme Wumuti et Rui de XLOV, qui acceptent tous les deux n’importe quels pronoms.

La chanteuse Cherry, connue pour avoir été membre du boygroup JWiiver, a quant à elle fait son coming out en tant que femme transgenre en juillet 2025, durant un live YouTube

Pendant ce temps, le groupe Lionesses a débuté en novembre 2021 avec sa chanson ‘Show Me Your Pride’, marquant ainsi l’histoire en devenant le second groupe de Kpop ouvertement LGBTQ+ après Lady. Ancienne membre du girlgroup Wa$$up, Jiae a fait son coming out bisexuelle en 2020, s’affichant ouvertement avec sa petite-amie. Deux ans plus tard, elle s’exprime d’ailleurs sur la marginalisation des personnes queers dans l’industrie de la Kpop, partageant qu’aucune agence n’a voulu travailler avec elle pour le lancement de son projet solo. Son histoire est la preuve que, malgré une nette évolution des mentalités, la LGBTphobie demeure dans la société coréenne.

Légèrement en dehors de la Corée du Sud, d’autres artistes réputés dans la sphère Kpop se sont également exprimés au sujet de leur identité. C’est le cas de Cocona, membre du groupe japonais XG, qui a déclaré s’identifier comme transmasculin non-binaire dans un post en décembre 2025, le jour de ses vingts ans. Dans la foulée, son groupe XG a annoncé changer la signification de son nom, passant de Xtraordinary Girls à Xtraordinary Genes, un changement hautement symbolique pour un groupe aussi populaire. Quelques mois plus tôt, Lara, membre du groupe global KATSEYE, avait révélé être queer, avant que la membre Megan fasse son coming out bisexuelle à son tour trois mois plus tard. Leurs témoignages ont été largement soutenus par les fans, illustrant l’évolution des attentes d’une nouvelle génération, particulièrement à l’international. Plus récemment, le danseur et chanteur Drew a fait ses débuts dans le groupe latino Santos Bravos, devenant le premier idol ouvertement gay à débuter sous HYBE

Si leur nombre reste limité, l’existence même de ces artistes témoigne d’une évolution progressive du paysage culturel coréen. Autrefois presque impensable, leur présence contribue à offrir de nouvelles figures d’identification dans l’industrie de la Kpop.

Les alliés comme soutien politique

Dans l’industrie du divertissement coréen, le soutien des personnalités non concernées joue, lui aussi, un rôle majeur dans la visibilité des personnes LGBTQ+. En effet, plusieurs artistes de la sphère Kpop ont choisi d’afficher publiquement leur soutien à la cause au cours des dernières années, que ce soit à travers des messages adressés à leurs fans, ou encore à travers des prises de position plus affirmées.

Un soutien précoce

De gauche à droite : Jonghyun, Heechul, Gain, Jo Kwon

Bien avant que brandir des drapeaux LGBTQ+ sur scène devienne une habitude, certains artistes ont publiquement affiché leur soutien à la cause, à travers des prises de positions assumées. C’est, par exemple, le cas de Jonghyun de SHINee. En 2013, il partage publiquement le message d’une étudiante transgenre et bisexuelle victime de harcèlement, lui affichant son soutien. A l’époque, un tel geste était très rare de la part d’idoles aussi connus, c’est pourquoi Jonghyun est, encore aujourd’hui, considéré comme l’un des premiers alliés de la communauté LGBTQ+ dans la Kpop. L’iconique Uhm Jung Hwa, chanteuse et actrice sud-coréenne depuis 1993, a, elle aussi, fréquemment affiché son soutien aux personnes queers. Elle a d’ailleurs été une des premières personnalités à soutenir Holland après son coming out.

D’autres artistes ont apporté leur soutien à la cause, contribuant à faire évoluer les mentalités à leur échelle. Heechul de Super Junior par exemple, s’est distingué en refusant de considérer les rumeurs sur son orientation sexuelle comme une insulte, estimant qu’il n’y a rien de honteux à être associé à la communauté LGBTQ+. De la même façon, la membre Gain de Brown Eyed Girls, a performé lors d’une after party de la Pride en 2014, un geste lourd de sens pour l’époque. Quant à Jo Kwon, membre du groupe 2AM, son univers artistique décomplexé des normes de genre et son message d’acceptation de soi lui ont valu une reconnaissance particulière de la part de nombreux fans queers

Sans nécessairement se présenter comme des militants, ces artistes ont contribué à ouvrir la voie sur le sujet. Leurs prises de position, certes discrètes mais pas anodines, ont participé à créer un environnement plus favorable aux nouvelles générations d’idoles.

Un soutien général 

De gauche à droite et de haut en bas : Sunmi, MAMAMOO, Yoohyeon, OnlyOneOf, Matthew, XLOV

Au fil des années, de nombreux artistes ont choisi d’exprimer leur soutien à travers diverses interactions avec leurs fans, devenues particulièrement significatives pour les communautés concernées. 

Parmi les exemples les plus marquants, on trouve le groupe MAMAMOO, qui s’est forgé une réelle réputation d’allié de la communauté queer. En effet, les membres affichent régulièrement leur soutien à leurs fans LGBTQ+, que ce soit à travers des messages, des interactions ou pendant des concerts. La membre Moonbyul, en particulier, a souvent été saluée pour déconstruire les normes de genre traditionnelles. Dans leur ensemble, MAMAMOO ont cultivé une image d’acceptation qui leur vaut une forte popularité au sein des communautés queers. De la même façon, l’ex-membre de Wonder Girls Sunmi a affiché son affection pour ses fans LGBTQ+ à plusieurs reprises, notamment en brandissant des drapeaux queers lors de ses concerts. Sunmi s’est même proclamée “reine des LGBT”, une proximité qui lui vaut aujourd’hui une place particulière auprès de la communauté. 

D’autres artistes ont également profité de leurs tournées internationales pour afficher leur soutien, comme Rosé de BLACKPINK, Yoohyeon de Dreamcatcher ou encore le groupe PIXY, en brandissant différents drapeaux de la communauté LGBTQ+. Les réseaux sociaux permettent également aux artistes d’afficher leur soutien au public. Matthew, membre de ZEROBASEONE, a ainsi souhaité une joyeuse Pride à ses fans en juin 2026, tandis que Giselle d’aespa a répondu avec plein de bienveillance à un.e fan ayant peur de faire son coming out lors d’un live, suscitant de nombreuses réactions positives parmi les internautes. 

Enfin, difficile d’évoquer les alliés de la communauté sans mentionner OnlyOneOf. Depuis ses débuts, le groupe cherche à représenter différentes formes d’amour au sein de ses œuvres. Cette approche a largement contribué à faire d’OnlyOneOf l’un des groupes les plus appréciés des fans LGBTQ+, au même titre que XLOV plus récemment. Ces groupes ont un réel impact dans la cause de par leur utilisation des codes queers, dont nous avons déjà parlé dans notre article “Kpop & Culture Queer : Entre Engagement et Marketing” disponible ici.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, de plus en plus d’artistes témoignent leur soutien par de petites actions quotidiennes : plusieurs membres de Pentagon, Wyatt de ONF, Jooheon de Monsta X, Hoya, Hongjoong de ATEEZ, Jacob de The Boyz, Wendy de Red Velvet, Wonho, CL de 2NE1, Hweseung de N.Flying… Et la bonne nouvelle, c’est que la liste se rallonge années après années. Sans nécessairement s’inscrire dans une démarche militante, ces micros-actions permettent aux mentalités d’évoluer progressivement.

BL et GL : le reflet des évolutions de la société coréenne

Années après années, les fictions mettant en scène des personnages LGBTQ+ se sont imposées comme l’une des tendances majeures en Asie. En effet les séries Boys’ Love (BL) et Girls’ Love (GL) connaissent une ascension fulgurante, contribuant à offrir une visibilité jusqu’ici inédite des personnes queers.

Longtemps restées dans l’ombre, ces œuvres occupent aujourd’hui une place de plus en plus importante, et attirent un public toujours plus large. En Corée du Sud, cette évolution s’est accompagnée d’un phénomène particulièrement révélateur : la participation grandissante d’idoles Kpop à ce type de projets. Parmi eux, plusieurs membres de groupes populaires ont choisi d’incarner des personnages queers à l’écran. C’est le cas de Park Seoham, ancien membre de KNK, et de Jaechan de DKZ, qui ont notamment rencontré un immense succès grâce au drama Semantic Error. Plus récemment, Ok Taecyeon, membre du groupe mythique 2PM, a également joué dans la série BL Soulmate disponible sur Netflix, un choix très symbolique pour un acteur aussi populaire. D’autres artistes, comme Leo de VIXX, Minwook de CloseYourEyes, Jiwoong de ZEROBASEONE, Jun de A.C.E., Junseo de Alpha Drive One ou encore Holland, ont également joué dans des productions Boys’ Love. La liste est beaucoup moins longue du côté des Girls’ Love, mais compte tout de même des artistes comme Seohyun de SNSD ou Jei de Fiestar, qui ont participé à des œuvres abordant des relations entre femmes.

Nom des dramas de gauche à droite et de haut en bas : ‘Secret Relationships’, ‘Kissable Lips’, ‘Lily Fever’, ‘Friendly Rivalry’, ‘Semantic Error, ‘Moment at Eighteen’

La représentation LGBTQ+ dans les médias coréens ne se limite toutefois pas uniquement BL et GL. Plusieurs artistes ont également choisi d’incarner des personnages queers dans des séries plus “généralistes”. Dès 2012, Hoya, à ce moment-là membre d’INFINITE, interprète un jeune homme homosexuel dans Reply 1997, un rôle salué à une époque où de telles représentations étaient rares en Corée du Sud. Quelques années plus tard, Moonbin d’ASTRO apparaît dans Moment at Eighteen, dans lequel il joue un jeune homme en plein questionnement sur son orientation sexuelle. Plus récemment, Lee Hyeri, ancienne membre de Girl’s Day, a elle aussi ajouté sa pierre à l’édifice grâce à Friendly Rivalry, une série dont la relation ambiguë entre les deux protagonistes féminines a marqué le paysage audiovisuel coréen. 

Si ces personnages ne s’inscrivent pas toujours dans des romances explicitement queers, leur présence dans des séries dites “standards” constitue une réelle avancée. En sortant les récits queers du cadre des BL et GL, ces représentations sont propulsées à un rang plus universel, participant ainsi à une forme de normalisation. Toutefois, cette progression ne doit pas faire oublier les clichés qui continuent de caractériser les représentations queers. Si les BL et les GL ont permis de rendre plus visibles les histoires d’amour homosexuelles, ils reproduisent également de nombreux schémas de relations hétéronormées.

En effet, la majorité des séries BL mettent en scène des profils relativement similaires, recréant des dynamiques traditionnellement attribuées aux couples hétérosexuels. De la même façon, les personnages transgenres, non-binaires, ou plus largement les identités queers ne correspondant pas aux représentations “classiques”, sont complètement invisibilisées. Même si ces séries permettent évidemment à des personnes de s’identifier, elles sont encore loin de représenter la diversité de la communauté. En conséquence, les personnes queers se font parfois réduire à quelques clichés, dans l’unique but de faire vendre et fantasmer une partie du public.

Il en va de même pour le déséquilibre entre les productions BL et GL. Si les romances entre hommes connaissent un succès grandissant, les histoires entre femmes restent beaucoup plus rares. Cette différence s’explique par la modeste place accordée aux femmes dans l’industrie, bercée par des modèles patriarcaux. Cette sous-représentation contraste fortement avec le succès des BL, rappelant que les avancées en matière de visibilité ne profitent pas toujours de manière égale à l’ensemble des minorités sexuelles et de genre. Pour autant, cette problématique ne remet pas en cause les progrès qui ont été fait ces dernières années, mais rappelle simplement que la représentation inclusive est encore loin d’être atteinte.

Il est également important de noter que, ces dernières années, le succès des BL et GL répond aussi à des enjeux économiques et marketing. Certaines agences n’hésitent pas à capitaliser sur l’ambiguïté ou sur l’intérêt du public pour ces récits, sans pour autant prendre position en faveur des droits LGBTQ+. Entre une véritable avancée en matière de représentation, et de pures stratégies marketing pour attirer l’attention des fans, la frontière peut donc être floue.

Le mot de la fin

De gauche à droite et de haut en bas : Hoya dans ‘Reply 1997’, PIXY, Lionesses, Bain, Drew, Rosé

Longtemps inexistantes, les représentations LGBTQ+ occupent aujourd’hui une place bien plus visible dans la Kpop et dans la culture coréenne. Et cette évolution, nous la devons à toutes ces personnes qui, d’une façon ou d’une autre, ont choisi d’utiliser leur image pour servir la cause. Des artistes ouvertement queers aux nombreux alliés de la communauté, en passant par les acteurs et actrices de séries BL/GL, leurs visages ont permis une réelle progression sociale. 

Si ces avancées restent encore parfois inégales, elles demeurent terriblement significatives. Car chaque coming out, chaque prise de position ou chaque personnage queer témoigne d’une société qui s’ouvre à des représentations plus diverses. Il reste désormais à savoir jusqu’où cette évolution pourra aller, et si cette visibilité croissante s’accompagnera de formes de représentations plus inclusives dans le futur.

Article par Anaïs

Dans le même sujet, retrouvez notre article Les 5 Meilleurs BL Coréens selon Kpop in Paris sur notre site internet ! 

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